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11 février 2026 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe Renew. – Madame la Présidente, Madame la Présidente, Madame la Ministre, chers collègues, encore une fois, on parle du rapport Draghi. Encore une fois, on parle de compétitivité de l'Europe. Je dois être, depuis le début de ce mandat, peut-être à mon cinquième discours sur le sujet de la compétitivité. Et à chaque fois, je dis la même chose: nous sommes trop lents. Nous devons faire plus. Imaginez, chers collègues, que depuis six mois, s'agissant de la mise en œuvre des recommandations du rapport Draghi, on est passé de 11 % à 15 %. Quatre petits points. Et pourtant, l'urgence, on la connaît. On sait qu'on décroche. On sait qu'on perd les Européens. On voit des puissances qui prennent de l'avance sur nous, qui nous affaiblissent sur des sujets stratégiques. Alors jeudi, nos chefs d'État et de gouvernement se réunissent pour parler de tout ça. C'est très bien, mais je le redis: avancez, accélérez. Et vous savez que sur le chemin de la compétitivité, vous trouverez avec Renew toujours une force de proposition. Alors mon groupe a fait partir une lettre au président António Costa. Dans cette lettre, on a formulé trois de nos principales attentes. Elles sont fondamentales pour notre compétitivité. Un, on doit mobiliser l'épargne des Européens vers l'investissement productif. Deux, on doit accélérer dans notre souveraineté énergétique, avec une énergie abordable, propre et sûre. Et trois, on doit investir, investir massivement dans les technologies stratégiques comme l'intelligence artificielle, le cloud et le quantique. Ces trois attentes, Madame la Présidente, elles vous sont aussi adressées. On est tous d'accord sur la simplification, cela a été redit ce matin. On est tous d'accord, évidemment. Mais, qu'on se le dise, on y passe un temps monstre. Bien sûr, la simplification, elle est nécessaire, elle est condition sine qua non. Mais ce n'est pas l'alpha et l'oméga de la compétitivité, ce n'est qu'une partie de notre compétitivité. Alors on doit avancer urgemment sur tout le reste, et en particulier sur les réformes structurelles. Parce qu'honnêtement, aujourd'hui, ce n'est pas possible qu'il soit plus facile pour une entreprise allemande d'aller faire du business à Dallas qu'en Espagne. Chers collègues, l'Europe, c'est une puissance de consommateurs et c'est évidemment un atout considérable, mais on ne peut pas s'en satisfaire. Alors oui, on doit diversifier et soutenir des accords de commerce et oui, on doit savoir si on est encore capable de produire sur les secteurs stratégiques pour notre avenir. On doit redevenir une puissance économique. On doit regagner nos moyens de production. Et pour que cela soit possible, il faut que l'Europe devienne une vraie puissance monétaire et financière. Et je trouve que de ce sujet-là, on ne parle pas assez. On ne parle pas assez du rôle de l'euro, de l'euro numérique, de l'investissement des Européens dans leur économie. Et pourtant, on l'a tous vécu. Aujourd'hui, vous allez dans votre banque, votre conseiller vous propose d'abord un produit qui finance l'économie américaine. C'est une aberration. Et je n'exagère rien, c'est le rapport Letta qui le dit. Chaque année, 300 milliards d'euros d'épargne des Européens sont investis en dehors de l'Union européenne, et en particulier aux États-Unis. 300 milliards qui échappent à nos entreprises parce qu'on n'a pas fait les réformes nécessaires chez nous. Chers collègues, c'est insensé. Il y a une logique dans ce que je vous dis. On n'aura pas de puissance économique, on n'aura pas de compétitivité en Europe si on n'est pas capable d'avoir des investissements publics et privés sur notre continent – et beaucoup d'investissements. Alors, Madame la Présidente, il y a quelques mois, ici, dans cet hémicycle, je vous demandais d'accélérer sur votre agenda. Vous l'avez fait, assurément, mais il faut aller encore plus vite et avancer au maximum sur le programme de travail 2026: sur l'Union de l'épargne et de l'investissement, sur la loi d'accélération industrielle avec la préférence européenne, sur le 28ᵉ régime. Il y a aussi tout le reste. Je pense au budget pluriannuel et au renforcement du Fonds de compétitivité pour nos entreprises. Chers collègues, toutes ces mesures, pour moi – je pense qu'il faut se le dire –, ça doit être la dernière tentative. Parce que ça fait dix ans au moins qu'on aurait dû les prendre, ces mesures. Et je le dis, s'il n'y a pas de décision au Conseil de mars – et déjà, pour les entreprises, mars, c'est encore trop tard –, s'il n'y a pas de décision au Conseil de mars, il ne faut rien s'interdire. On doit pouvoir, dans certains cas, si c'est trop lent, si ça ne va pas assez vite, si ce n'est pas assez ambitieux, trouver des réponses avec la coopération de certains pays précurseurs. Rien ne doit nous empêcher et seule l'urgence doit nous guider. Parce que ce qu'on vit, c'est une forme de Covid économique. Et on sait que c'est possible. On l'a encore fait cette semaine, sur l'Ukraine, avec le prêt de 90 milliards. On doit pouvoir avancer comme ça, à quelques-uns, si ça s'impose. Alors, Madame la Présidente, chers collègues, vous l'avez compris, le temps n'est plus à la réflexion, il est à l'action.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-10-2026-02-11_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

au nom du groupe PfE. – Madame la Présidente, mes chers collègues, il y a aujourd'hui une vérité que plus personne ne peut nier: l'Europe parle comme une puissance, mais vit comme un continent qui décline. Pendant que Bruxelles fait des sommets, des stratégies et des slogans, nos usines ferment, nos ingénieurs... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)