- Monsieur le Président, au nom du groupe Verts/ALE, je tiens d'abord à féliciter et remercier Anne Van Lancker pour la qualité de son rapport, tant du point de vue de son contenu que du point de vue de la façon de l'élaborer, qu'elle s'est efforcée de rendre très participative.
Ce terme d'Agenda social, d'apparence technique, recouvre en fait des réalités quotidiennes, vécues par nos concitoyens. Il s'agit, en effet, tout à la fois de répondre à l'urgence et de concrétiser ce que l'on nomme le fameux "modèle social" européen.
Nous n'avons pas le droit de rater cette échéance sauf à décourager les attentes de tous les citoyens et des mouvements collectifs dont ils se dotent, qui sont les plus mobilisés pour la constitution d'une Union européenne comme communauté de citoyens.
La liste des questions à traiter s'impose d'elle-même en répondant à l'urgence, conformant nos actes aux discours tenus lors du Sommet de Lisbonne. Il s'agit de donner aux citoyens européens les outils et les politiques publiques dont ils ont besoin pour construire leur place dans l'Europe, pour faire en sorte que leurs droits fondamentaux - y compris sociaux - soient garantis.
L'urgence sociale et la préservation du modèle social européen appellent des initiatives en vue d'établir des droits à un revenu, un salaire, des pensions décents pour tous dans l'Union européenne. La mise en œuvre des ambitions sociétales affichées à Lisbonne appelle un effort communautaire, un plan d'action pour la création d'emplois dans les services, notamment ceux liés à la société de l'information. En cela, la directive proposée dans le rapport est indispensable pour garantir la protection sociale des nouvelles formes de travail.
Il importe également de garantir une santé de qualité, une vie sociale enrichie, un environnement amélioré pour tous - le troisième système - et des mesures fiscales et législatives sont indispensables pour assurer tant la pérennité économique que la visibilité de cette économie solidaire en émergence.
Nous approuvons Anne Van Lancker et Mme Péry quand elles proposent d'adopter rapidement la directive de 1998 sur l'information et la consultation des travailleurs et de réviser la directive sur les comités d'entreprise européens. Le souci élémentaire de l'intérêt général devrait d'ailleurs nous inciter tous à approuver la proposition d'inclure des considérants liés à l'emploi dans les règlements et décisions de fusion, aujourd'hui édictés par la concurrence.
Ces trois exemples visant à lutter contre la pauvreté, à soutenir le développement d'activités créatrices d'emplois, de lien social et de qualité de vie, et à améliorer les droits des salariés devraient mobiliser une Assemblée soucieuse de faire rêver d'Europe des citoyens qui la ressentent, aujourd'hui, trop souvent comme une machine à marchandiser toutes les activités humaines.
Plusieurs amendements traduisent l'effroi de certains de nos collègues qui sortent leur gomme à effacer dès qu'ils lisent le mot "législation". Iront-ils expliquer aux citoyens que le Parlement estime nécessaire de voter des directives pour protéger les investissements, libéraliser les services d'intérêt général, mais pas pour qualifier et réguler ce qu'on appelle ici le marché du travail ? Ce refus de législation mène d'ailleurs au refus de négociation tout court, puisqu'un amendement va jusqu'à proposer de supprimer l'objectif visant à conclure des accords collectifs européens entre partenaires sociaux.
C'est de ce côté qu'il convient de chercher, à notre avis, l'archaïsme reproché à ceux qui n'attendent pas le meilleur des mondes d'un marché sans entrave.
La source —
parlement_europeen
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, pendant près d'un demi siècle, la construction européenne a été basée sur l'économie. On parlait d'ailleurs de la Communauté économique européenne. On a donné la priorité à l'édification du marché commun : principe de la libre circulation des biens, des marchandises et des capitaux,...
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