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14 décembre 2000 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, la Côte d'Ivoire est rentrée dans une logique infernale et la situation ne cesse de se dégrader. En jouant avec le concept d'ivoirité afin d'exclure M. Ouattara de la vie politique, le pouvoir ouvre la voie à un conflit ethnique. Au-delà de la personne de Ouattara, c'est aujourd'hui l'ensemble des populations du Nord, l'ensemble des musulmans, l'ensemble des personnes ayant un nom à consonance étrangère qui se trouvent victimes des persécutions et des violences. Les dizaines de morts de ces derniers jours me font craindre le pire. La poursuite de cette politique ne peut conduire qu'à un bain de sang, à l'image de ce qui s'est passé dans d'autres pays. Laurent Gbagbo doit entamer une véritable politique de réconciliation nationale, qui passe par la rupture avec le discours sur l'ivoirité, la modification de la constitution raciste, et par la tenue d'élections démocratiques où aucun des candidats n'est exclu, faute de quoi les risques de sécession et de guerre civile ne feront que croître. Quelle légitimité accorder à une élection législative où seulement 34 % de la population a voté, des millions de personnes ayant boycotté ce scrutin. Nous nous sommes réjouis, Monsieur le Commissaire, lors du départ du général Guei. Si nous voulons maintenant être crédibles, nous devrons être fermes avec Laurent Gbagbo pour refuser cette dérive dangereuse et incontrôlable. Et ce n'est pas par hasard si l'OUA et de nombreux chefs d'État Africains condamnent sans ambiguïté l'ivoirité. Ils savent très bien qu'un conflit ethnique ou séparatiste en Côte d'Ivoire pourrait conduire à un embrasement de toute la région. Nous ne saurions être, je crois, Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, en retrait sur cette attitude.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2000-12-14_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

- Monsieur le Président, chers collègues, six mois après la résolution du Parlement européen qui demandait au gouvernement tunisien de mettre fin à toute violation des droits de l'homme, d'œuvrer en faveur des libertés fondamentales, de l'État de droit et du développement de la société civile, le régime tunisien,... Lire ▸
- Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, gardons un peu de mesure s'il vous plaît. Voici deux fois, cette année, que la Tunisie est mise en accusation devant cette Assemblée et l'on pourrait se demander ce qui fonde notre acharnement d'autant qu'on ne voit guère, au fond, ce qui le justifie. Certes, le... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, M. Sylla, notre collègue, vient de le dire, c'est avec soulagement que nous avions accueilli l'amorce du retour de la Côte- d'Ivoire dans la voie de l'État de droit au moment de la récente élection présidentielle et de l'échec de la tentative de maintien au pouvoir du général Guei. C'est... Lire ▸
- Monsieur le Président, nous ne pouvons nous associer à la dénonciation de la politique xénophobe et ethniste des dirigeants de la Côte-d'Ivoire sans que soit dénoncée en même temps la politique inqualifiable des autorités étatiques françaises, qui non seulement soutiennent le président ivoirien et sa politique,... Lire ▸