- Monsieur le Président, mes chers collègues, plutôt que d'examiner dans le détail certaines des positions extrêmement contestables du rapport Swiebel - il n'en manque pas - , je voudrais illustrer par un exemple l'écart qui existe chez nous entre les intentions affichées et la réalité concrète : nous sommes en principe dans un espace européen, un espace judiciaire qui est théoriquement un espace de liberté -liberté d'opinion, liberté d'expression. Eh bien, il semble que cette liberté n'existe pas pour tout le monde. Et je n'en veux pour preuve qu'un exemple dans ma ville de Lyon : un jeune historien, sur lequel j'ai déjà attiré votre attention, M. Jean Plantin, est actuellement sous la menace d'une révocation de son sursis et risque d'être en France le premier prisonnier d'opinion.
Quel est le crime de M. Plantin ? Il a édité une revue. Une revue parfaitement correcte. Une revue qui n'est injurieuse pour personne. Une revue de présentation sérieuse et scientifique. Il est vrai que, dans cette revue, on discute librement de l'histoire, et en particulier de ce qui semble être un chapitre tabou de l'histoire, l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.
On comprend très bien d'ailleurs - tant sont grands les intérêts de certains lobbies, de certains groupes de pression, de certaines forces politiques, de certains États étrangers - l'intérêt qu'ils ont tous à assurer une lecture unilatérale et officielle de cette histoire. Mais qu'il me soit permis de dire que les magistrats de la Cour d'appel de Lyon, en condamnant Jean Plantin, ont rendu un arrêt qui ne fait pas honneur - c'est peu dire - à nos libertés fondamentales et qui restera dans les annales comme un exemple de cette insupportable police de la pensée que dénonçait l'une de nos plus grandes journalistes.
Je ne puis admettre que des historiens soient aujourd'hui, comme dans d'autres pays d'Europe, en prison pour leurs idées, pour leurs convictions et pour leurs analyses. C'est une situation absolument intolérable, comme est intolérable le retrait des diplômes universitaires qui ont été conférés à Jean Plantin voilà plus de dix ans. Cette situation insupportable doit cesser.
La source —
parlement_europeen
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, nous voterons pour les quelques recommandations qui défendent des droits élémentaires, qui dénoncent le racisme et la xénophobie, ou qui s'opposent à la peine de mort, bien qu'elles risquent fort de rester seulement des recommandations. Mais comment parler de droits fondamentaux lorsque le...
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