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5 novembre 2003 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, la révision de ce règlement nous a donné du grain à moudre. D’abord, on nous a proposé un accord de coopération qui, il faut bien le dire, ressemblait plus à un accord de libre-échange qu’à un programme de développement. Cette démarche ne nous a pas étonnés outre mesure, puisqu’elle s’inscrit dans la politique européenne actuelle qui conduit à changer la logique de la politique de développement communautaire. Mais, au cœur de ce règlement, nous avons réussi à remettre le développement durable, assorti d’objectifs sociaux et environnementaux. En particulier, 10% du budget de ce programme devraient être alloués à la conservation et à la gestion durable des ressources naturelles et 35% aux infrastructures sociales et sanitaires. Les droits de l’homme, et surtout des femmes, les droits des minorités, les droits des populations indigènes, la lutte contre les inégalités seront également des principes phares de la politique de coopération européenne dans ces régions. Enfin, nous avons obtenu que la société civile soit partie prenante de la définition des plans pluriannuels de développement. La réduction de la pauvreté devra donc être le but premier des programmes nationaux qui seront négociés entre chaque pays et la Commission. Comme le Parlement ne sera pas consulté, il fallait donc mettre ces garde-fous en amont, et c’est ce que nous avons fait en commission du développement et de la coopération. Je vous demande, mes chers collègues, de ne pas remettre en cause, pour des questions institutionnelles, un texte auquel on a enfin donné un contenu politique. Pourquoi demander deux règlements, l’un pour l’Asie, l’autre pour l’Amérique latine, plutôt qu’un règlement divisé en plusieurs chapitres? Nous ferions mieux de nous battre pour une augmentation globale de l’aide plutôt que pour savoir quel continent en aura le plus. Pour moi, peu importe que l’argent soit affecté en Asie ou en Amérique latine, pourvu qu’il aille aux plus pauvres. C’est d’ailleurs pour cela que nous voulons un contrôle parlementaire. Nous avons malheureusement dépensé beaucoup d’énergie, perdu beaucoup de temps pour une dispute qui me semble bien dérisoire vu l’ampleur des défis à relever en Asie et en Amérique latine. Je crois que l’essentiel, c’est se battre pour le contenu de ces règlements, le contenu de ces chapitres, le contenu que nous donnons aujourd’hui, car c’est cela qu’attendent aujourd’hui les populations aussi bien d’Asie que d’Amérique latine.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2003-11-05_FR.html
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