geheim.land Recherche Politique
19 novembre 2003 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, alors que la réunification de l’Europe est sur le point de devenir une réalité, même si, nous le savons, il reste beaucoup à faire, c’est une page de l’Histoire qui se tourne sous nos yeux. Désormais, c’est la Méditerranée qui se trouve sur l’autre page. Réaliser en Méditerranée un ensemble intégré de près de 900 millions de femmes et d’hommes, tel est l’enjeu des trente prochaines années. Et pour répondre à ce nouvel enjeu, il nous faut une vraie ambition et des instruments de dialogue. Cet instrument de dialogue politique dont nous avons besoin, c’est l’Assemblée parlementaire euroméditerranéenne, dont la Conférence de Naples doit consacrer la naissance, car seul le dialogue politique peut fonder un véritable partenariat équilibré, approfondi et durable. C’est pour cela, d’ailleurs, que le Forum europarlementaire avait été mis en place dès 1998. Mais dans sa configuration informelle, il est resté un témoin impuissant, trop dépendant des aléas de l’actualité internationale, otage de l’embrasement du Proche-Orient. À Naples, ce Forum doit devenir une véritable Assemblée parlementaire pour acquérir une nouvelle légitimité démocratique, pour remplir pleinement son rôle d’instrument de dialogue pour la paix, la stabilité et le développement régional. Ce sera, j’en suis convaincue, plus que cela, parce que ce sera aussi un nouveau départ pour l’ensemble des relations euroméditerranéennes. C’est l’occasion de bâtir une nouvelle ambition pour le Sud. L’Union semble en fait enfin en avoir pris conscience, aujourd’hui, en essayant de donner corps à ce qu’on appelle le concept de voisinage. Mais ne nous trompons pas d’objectif. Distinguer et honorer ses bons voisins peut signifier qu’ils ne feront jamais partie de la famille. Or, l’heure n’est plus au marché de dupes pour le Sud. La zone de libre-échange et le credo "Tout sauf les institutions", qui prévalait jusqu’à présent dans le contexte des relations euroméditerranéennes, sont dépassés. Sur le plan politique, nous devons mettre en place le futur cadre commun des relations euroméditerranéennes, une union libre inspirée du Conseil de l’Europe, fondée sur des objectifs communs et des valeurs partagées: la sécurité commune, la laïcité, l’État de droit, la démocratie. Et sur le plan économique, nous devons lancer un véritable plan Marshall pour la Méditerranée afin de véritablement instaurer cette prospérité partagée, qui était pourtant déjà inscrite dans la déclaration de Barcelone.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2003-11-19_FR.html
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)
- Conformément à notre règlement, je vais demander s’il y a un orateur qui veut se prononcer pour cette demande de report et un orateur qui veut se prononcer contre.