- Je suis contre le nucléaire et contre le paquet nucléaire. Néanmoins, je souhaite une excellente année, et surtout une très bonne santé, à Madame de Palacio. Cela dit, notre Parlement ne doit pas suivre la provocation de la Commission en matière nucléaire. Je persiste et signe: il s’agit là d’une vaste campagne de désinformation et d’intoxication des populations, de plus en plus sceptiques sur la question nucléaire.
La Commission voudrait faire croire qu’elle règle en un coup de baguette magique la question de la gestion des déchets nucléaires, alors que trente années de recherche se soldent par un échec. La sûreté nucléaire serait mieux assurée dans les centrales des pays entrants sans mettre en place aucune norme nouvelle, en proposant d’accorder des prêts à l’industrie nucléaire, ainsi privilégiée par rapport aux énergies renouvelables et propres qui ont du mal à percer. Alors que tous les sondages d’opinion démontrent que le problème des déchets nucléaires, dont certains - il faut se le rappeler - ont une durée de vie qui se compte en millions d’années, est la première préoccupation de nos concitoyens en matière environnementale, la Commission, avec son projet, estime que l’enfouissement des déchets nucléaires serait la solution, et cela sans preuves scientifiques. Si d’aventure le Parlement européen devait se prononcer pour l’enfouissement des déchets radioactifs, ce serait un signal politique catastrophique pour les habitants de Bure en Lorraine, premier site de creusement d’un laboratoire destiné à tester, en couche argileuse profonde, la réaction des déchets nucléaires hautement radioactifs. Sans aucune étude comparée, sans aucun débat démocratique européen sur l’avenir des déchets nucléaires, cette décision donnerait au site de Bure son billet sans retour pour l’enfouissement des déchets nucléaires européens et en ferait la poubelle nucléaire de l’Europe.
Il est encore temps de réagir en demandant à la Commission de revoir sa copie en ce qui concerne la gestion des déchets, en proposant leur entreposage en subsurface, dans l’enceinte des centrales, et surtout, en mettant en place des normes nouvelles et exigeantes en matière de sûreté nucléaire. Enfin, une dernière question, si vous le permettez: comment la Commission compte-t-elle s’y prendre pour demander à la France d’assurer une large information du public en matière de transport de matériel nucléaire, alors que cette question est classée "Secret défense" depuis le mois d’août dernier.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
- Merci, Madame la Commissaire.
Je vois que notre rapporteur demande la parole et nous allons l’écouter.