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14 janvier 2004 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, je note le souci de notre rapporteur de trouver un équilibre entre sécurité des frontières et respect des droits fondamentaux et je salue le travail de notre commission pour donner à ce rapport un visage plus humanitaire. Je salue également les efforts de la Commission européenne pour élaborer de véritables politiques européennes d’immigration et d’asile. Mais malgré tous ces efforts, l’agenda de Tampere ne sera pas respecté. De nombreuses propositions de la Commission sont actuellement en suspens devant le Conseil. Les rares mesures qui ont été prises sont systématiquement critiquées et la directive sur le regroupement familial fait encore l’objet d’un recours de notre Parlement devant la Cour de justice. Depuis quelque temps, nous constatons avec regret que l’élément moteur de la politique en matière d’immigration et d’asile est la sécurité des États membres avant tout. Dans les faits, cela se traduit par une lutte intensive et souvent disproportionnée contre une immigration clandestine considérée comme une menace, comme une source de terrorisme et un facteur de déstabilisation. Voilà donc la vision du Conseil et des États, une vision bien sécuritaire, répressive et utilitaire, selon leurs propres besoins et au mépris des besoins des autres. La multiplication d’instances de contrôle des frontières en est l’illustration. S’il est légitime pour l’Union de vouloir protéger ses résidents et ses intérêts, les États membres doivent être conscients que seule une approche globale et intégrée permettra une politique européenne efficace. Pour cela, cette approche doit prendre en considération, simultanément, une gestion des flux migratoires permettant une immigration légale, l’intégration socio-économique, culturelle, politique des ressortissants des pays tiers et la coopération avec les pays tiers dans un cadre communautaire. Lutter contre l’immigration clandestine, c’est avant tout protéger ses victimes, notamment en luttant contre la traite des êtres humains et les réseaux de passeurs sans scrupules. À ce titre, nous appelons les États membres à ratifier la Convention de Palerme. Aujourd’hui, seuls le Danemark, la France et l’Espagne l’ont fait. L’immigration clandestine ne tarira pas tant que les fossés économique et politique resteront aussi criants entre le Nord et le Sud. Il est légitime que toute personne veuille fuir des situations dramatiques. Trop souvent, le déficit démocratique va de pair avec le déficit social et humanitaire. Mais ne nous voilons pas la face: l’immigration clandestine, c’est aussi une nécessité pour notre économie. Aujourd’hui, toutes les politiques libérales plaident pour le retour à une part d’immigration spécifique. Ainsi, on permet aux pays du Nord de transformer le Sud en self-service de la main-d'œuvre, selon les besoins des entreprises et pour un temps déterminé. Cela constitue un véritable pillage des forces productives du Sud. La politique de l’Union en matière de lutte contre l’immigration clandestine ne sera pas crédible sans une lutte contre le travail au noir, mais au lieu de sanctionner les personnes venues chercher espoir chez nous, il faut sanctionner les employeurs exploitant sans vergogne les immigrés sans papiers. Par contre, cette politique doit régulariser la situation de ces immigrés: les reconnaître, leur donner des droits, leur donner les moyens de se battre contre les discriminations et les exclusions et en faire des égaux. L’éventuel retour des personnes en situation irrégulière doit se faire dans le plein respect des droits humains et des conventions internationales, dont le droit de chercher asile. Le Parlement européen se prononcera prochainement sur l’initiative italienne qui vise à coordonner des expulsions d’étrangers par le biais de charters groupés européens. Nous condamnons clairement un tel projet ne respectant ni les engagements internationaux, ni les droits fondamentaux. Les accords de réadmission ne peuvent servir de cadre adéquat à la politique de retour qu’à la condition de prendre suffisamment en compte, d’une part, les intérêts des pays tiers et, d’autre part, la volonté et le projet personnel de l’intéressé. Pour cela, une véritable aide au retour doit être donnée afin d’assumer une pleine réintégration sociale et économique. (Le président retire la parole à l’orateur.)
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2004-01-14_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

- Monsieur le Président, je voudrais dire à M. Pirker que ce rapport est un bon rapport, même si, personnellement, j’aurais souhaité aller plus loin. En effet, le dessein de maîtriser les flux migratoires s’est nourri de l’illusion d’une régulation rigoureuse dont l’impossibilité est apparue tout au long de ces... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)