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17 novembre 2004 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe. – Monsieur le Président, mon groupe avait porté sur la Commission Barroso, dans sa mouture initiale, un jugement fondamentalement critique. Cette appréciation ne portait pas que sur la partie émergée de l'iceberg, à savoir le cas Buttiglione, mais sur le profil général de ce collège, marqué par un libéralisme sans rivage. Particulièrement visés étaient les titulaires des portefeuilles de la concurrence, du marché intérieur, du commerce extérieur, de l'agriculture, de l'environnement et de quelques autres, en plus de celui des libertés, de la sécurité et de la justice. Entre-temps, le Président de la Commission a dû se séparer de celui par qui le scandale est arrivé, pour ne pas courir le risque d'un échec supplémentaire et, dans ce cas, vraisemblablement définitif, devant le Parlement. Force est de constater qu'à part cette concession incontournable, M. Barroso a appliqué un traitement homéopathique là où le mal nécessitait une opération chirurgicale. Le patient risque de souffrir grandement dans l'avenir de cette grave erreur de diagnostic. À dire vrai, je crains qu'il ne s'agisse pas d'une erreur de diagnostic, mais d'un choix délibéré. En témoigne ce que j'ai eu l'occasion d'appeler la double provocation ­ excusez le terme ­ que constitue vis-à-vis d'une importante minorité de parlementaires et des millions de citoyens qu'ils ou elles représentent la confirmation de l'attribution du portefeuille, hautement significatif, de la concurrence à Mme Kroes ainsi que de celui de la justice et des libertés à l'homme de confiance de M. Berlusconi. La première est connue pour son immersion dans les milieux d'affaires, une position particulièrement propice à la confusion entre responsabilités publiques et intérêts privés. M. Barroso prend ainsi le risque de mettre en place une véritable machine à fabriquer des conflits d'intérêts, et ce dans le principal domaine de compétence de la Commission, celui où elle dispose d'un pouvoir discrétionnaire. Le second est issu d'un sérail qui ne passera pas à la postérité comme celui du défenseur le plus sourcilleux de la justice ni du parangon de la promotion des libertés. L'entrée en fonction de la Commission risque même de coïncider avec la grève générale des magistrats italiens contre le parrain du futur commissaire à la justice et aux libertés, accusé de corruption de magistrats et passible, cela a été dit, de huit années de prison. Le Conseil européen vient de décider de lancer le programme Communicating Europe. En ce qui concerne la Commission, c'est plutôt mal parti! Malheureusement, il ne s'agit pas que d'erreurs de casting, ce sont des décisions réfléchies. C'est bien pire! Monsieur Barroso, demain, votre équipe sera sans doute investie, mais sans notre caution.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-6-2004-11-17_FR.html
Fichier d'origine conservé
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)