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18 novembre 2004 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Monsieur le Président, chers collègues, je souhaite d'abord, au nom du groupe des Verts, me réjouir des décisions qui ont été prises par le Conseil de sécurité cette semaine, concernant l'embargo sur les armes notamment, à condition toutefois que cet embargo soit réellement respecté et qu'on puisse contrôler, de façon beaucoup plus efficace, la vente des armes, comme le souligne d'ailleurs le rapport présenté par notre collègue Romeva. Mais, s'il s'agit, effectivement, de réagir avec fermeté aux violences qui sont commises en Côte-d'Ivoire, il convient aussi d'agir beaucoup plus sur le long terme et pas seulement quand la situation devient intenable. C'est pourquoi nous pensons que nous avons besoin d'une réforme profonde de la politique africaine non seulement de la France, mais aussi de l'Union européenne, qui inclue notamment les questions de développement économique, de développement durable dans la politique étrangère que nous menons à l'égard de ces pays. En ce qui concerne la Côte-d'Ivoire, il faut quand même souligner que la baisse du cours des matières premières, la baisse du cours du cacao ont plongé une grande partie de la population dans une grande misère, ce qui contribue à déstabiliser encore plus le pays. Par ailleurs, l'Union européenne a renouvelé, très récemment, son accord de pêche avec la Côte-d'Ivoire, lequel pose d'énormes problèmes, alors même qu'on est dans une situation de guerre civile et qu'aucun contrôle n'est possible sur ces accords de pêche. Il y a, aussi, les politiques d'ajustement structurel, lesquelles ont énormément déstabilisé les systèmes d'éducation et de santé, les services publics; bref toutes ces politiques-là, économique, commerciale, financière, jouent aussi un rôle considérable dans la situation politique de ces pays, ce qui n'enlève évidemment rien à la responsabilité des hommes politiques africains et des hommes politiques de Côte-d'Ivoire eux-mêmes, mais nous devons absolument agir sur le long terme pour lier ces politiques. On ne peut pas, en effet, d'un côté, prôner au Nord le développement de forces armées, évidemment pour la bonne cause, pour désarmer par ailleurs des forces à qui on a vendu précédemment des armes et, de l'autre, contribuer à enfoncer dans la misère des populations entières par des politiques financières et commerciales inéquitables et destructrices, ce qui rend l'instauration de l'État de droit et de démocratie d'autant plus difficile. C'est donc dans une voie totalement différente que nous souhaitons voir l'Union européenne s'engager à l'égard de la Côte-d'Ivoire et de l'ensemble des pays africains, de façon à concilier l'ensemble de ces aspects et à ne pas nous contenter, même s'il faut le faire, de réagir à des crises extrêmement difficiles.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-6-2004-11-18_FR.html
Fichier d'origine conservé
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Merci Monsieur Martin, ce sera évidemment transmis au Président, mais pour avoir vous-même été un éminent vice-président, vous connaissez toute la difficulté de l'exercice.
(La prise de parole ci-dessus)
– Monsieur le Président, neuf soldats français tués et trente-huit blessés, quinze mille civils en danger et des violences inacceptables, ces chiffres révèlent le bilan désastreux de l'intervention française en Côte d'Ivoire. Le rôle de la France s'est avéré ambigu, comme désormais toute sa politique africaine.... Lire ▸