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14 décembre 2004 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe. – Monsieur le Président, Monsieur le Président de la Commission, étant donné le profil politique dominant de la nouvelle Commission, il serait un rien téméraire de la part de mon groupe de lui demander de mettre en œuvre un ensemble d'orientations stratégiques correspondant à notre vision de l'Europe. Néanmoins, au vu de la puissance inattendue des vents contraires qui ont soufflé lors de son investiture, je me permets de recommander à M. Barroso d'adresser aux concitoyens qui ne se retrouvent pas dans ces options quelques signaux clairs leur signifiant qu'il a entendu également leur message. Le premier signal pourrait porter sur le projet de directive sur la libéralisation des services, communément appelé directive Bolkestein, à laquelle Martin Schulz et Monica Frassoni ont déjà fait allusion. Ce texte cristallise dans les mouvements sociaux, y compris à la Confédération européenne des syndicats, toutes les préventions contre le modèle libéral européen. Et pour cause! Au cœur de ce projet figure la fameuse loi du pays d'origine, qui vise à permettre à une entreprise prestataire de services d'appliquer dans tous les pays membres les lois sociales en vigueur dans l'État de son siège social. Ce serait une machine à fabriquer du dumping social, une sorte de mécanisme de pavillon de complaisance généralisé à tous les services. Ma conviction est qu'une telle mesure ne sera pas acceptée par nos concitoyens. Ma demande est donc simple, Monsieur Barroso: retirez la directive Bolkestein et engagez un vaste débat sur ce sujet. Un deuxième signal pourrait viser le projet d'installer des centres de rétention pour réfugiés et migrants sur la rive sud de la Méditerranée ou dans d'autres pays extérieurs à l'Union. C'est un projet indigne. Pourtant l'ancienne Commission, en lançant et en finançant des projets pilotes, a légitimé cette dérive. Là encore, ma demande est simple: stoppez net et définitivement ces projets. Le troisième signal devrait selon nous toucher à l'interminable et dramatique conflit du Proche­Orient. L'Union est co­initiatrice de la feuille de route qui prévoyait la création d'un État palestinien en 2005. Nous sommes fin 2004, et notre engagement n'a pas connu le début de l'amorce d'une réalisation. L'obstacle principal s'appelle Sharon. Aucun autre dirigeant, hormis sans doute George Bush, ne pourrait comme lui violer les résolutions de l'ONU, mépriser la Cour de la Haye, snober l'Union sans s'attirer des représailles. À lui, la Commission vient de proposer de faire partie de ce qu'une commissaire a appelé un "cercle d'amis" et de bénéficier des avantages de sa nouvelle politique de voisinage. Il faut savoir que cette mesure risque d'être très mal comprise par les gens qui ne supportent plus la politique de deux poids, deux mesures. Ma demande en l'occurrence, Monsieur Barroso, serait que vous dissipiez toute ambiguïté à cet égard en répondant à une double question: qu'allez­vous exiger de M. Sharon et quelles mesures préconisez­vous s'il persiste à vous ignorer? Vos réponses sur ces trois points seront sans nul doute suivies avec beaucoup d'attention.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-6-2004-12-14_FR.html
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