– Monsieur le Président, vous avez dit, Monsieur le Président de la Commission, en introduction de votre propos qu'il était important de montrer que l'Europe peut apporter la différence.
Nous partageons cet objectif, en particulier en ce qui concerne la croissance et l'emploi, et il sera décisif, pour restaurer la confiance des citoyens dans l'Union européenne, que celle-ci démontre sa capacité à redonner de la vigueur à notre économie. Évidemment, le débat va porter sur la stratégie et sur les moyens pour restaurer notre compétitivité. Lorsque vous présenterez vos propositions au mois de janvier, notre groupe sera particulièrement attentif aux choix de stratégie économique de votre Commission. On trouve à cet égard, dans un certain nombre de discours, une approche du lien entre la dimension économique, la dimension sociale et l'environnement qui est, je crois, purement rhétorique et qui masque une véritable différence d'approche.
Pour nous, c'est la stratégie de Lisbonne qui représente la voie à suivre. Vous avez rappelé l'objectif d'une économie compétitive fondée sur la connaissance et nous croyons à cela. Nous croyons qu'en choisissant une stratégie économique, on choisit un modèle social et que si l'on choisit une stratégie économique qui n'est fondée que sur la libéralisation, cela se fera aux dépens du modèle social. Nous ne croyons pas à l'idée que le social suivra ensuite.
Je reprendrai évidemment l'exemple de la directive sur les services. Si le prix à payer pour un développement du marché intérieur des services est la déréglementation de nos services sociaux, de nos services de santé, la mise en cause d'un certain nombre de services d'intérêts généraux, la mise en danger du droit social en raison de la règle du pays d'origine, alors, je ne crois pas que par la suite, parce que la compétitivité reviendrait, cela nous permettrait de conserver les éléments du modèle social européen.
Les années Clinton aux États-Unis ont montré qu'on pouvait avoir une croissance économique fondée à juste titre sur l'investissement dans l'économie de la connaissance, dans les nouvelles technologies; mais sans que cela tire vers le haut le modèle social parce que, d'ailleurs, le Président, à ce moment-là, n'a pas disposé au Congrès d'une majorité et d'un appui politique pour mettre en oeuvre la politique sociale qui aurait permis cet équilibre. Et nous croyons, nous, au contraire, que l'investissement dans le social, l'investissement dans les services publics et les infrastructures et un haut niveau d'exigence environnementale peuvent être des facteurs productifs, peuvent être des facteurs de compétitivité, peuvent être des atouts pour la réussite dans la compétition internationale du point de vue de l'Union européenne.
Donc, nous prenons au sérieux cette interdépendance entre l'économie, le social et l'environnement. Nous pourrions en citer des exemples et nous le ferons dans le dialogue avec vous au mois de janvier. On évoque ainsi la nécessité d'augmenter le taux d'emploi et le taux de participation de la main-d'oeuvre. Prenons les catégories les plus concernées: les femmes. Et bien, nous voyons que c'est dans les pays où il y a eu un investissement dans les équipements collectifs, dans les crèches, c'est dans les pays où on investit dans la formation, c'est dans ces pays que le taux d'emploi des femmes peut être plus élevé.
Et nous pourrions citer d'autres catégories vulnérables. On peut penser à un certain nombre d'enfants de milieux défavorisés, en particulier des milieux de l'immigration, qui sont confrontés non seulement au racisme, aux discriminations, mais aussi à des lacunes en matière de formation. On peut penser également à la nécessité de réduire le chômage transitionnel et à un certain nombre de réussites, par exemple dans les pays scandinaves, obtenues grâce aux investissements dans la formation.
Je crois aussi qu'il faudra que vous fassiez la preuve que vous êtes capable de renforcer la qualité du dialogue social, qui est un gage de meilleure participation des salariés au développement de leurs entreprises. De ce point de vue, nous attendons également une initiative en ce qui concerne la révision de la directive sur les comités d'entreprise européens, qui a maintenant pris énormément de retard au regard des autres directives sur l'information et la consultation.
La source —
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(La prise de parole ci-dessus)