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13 janvier 2005 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe. – Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, vous avez répondu à la question que je me posais. Maintenant, que faisons­nous de nos amis ukrainiens qui se sont tournés vers l'Europe? Il est vrai que pendant un mois, dans les rues et dans un froid glacial, le peuple ukrainien a choisi son camp pour construire son avenir: le camp de la démocratie, de la non­violence, de l'Europe. Je crois que la victoire de M. Ioutchenko est celle de nos valeurs européennes. Je faisais moi­même partie des 1200 observateurs de l'OSCE qui ont surveillé le scrutin du 26 décembre, pas à Kiev mais à Bolgrade, dans la région d'Odessa située près de la frontière avec la Roumanie et la Moldavie, où certains villages ne parlent ni russe, ni ukrainien. Grâce à la nouvelle loi qui a été mise en place, le second tour des élections présidentielles a pu se préparer de manière remarquable. Nous en avons constaté le bon déroulement dans les bureaux de vote lors du dépouillement; nous avons pu suivre les bulletins jusqu'à leur enregistrement final dans les commissions régionales. Cette volonté farouche de l'Ukraine de s'inscrire dans le camp de la démocratie vient bousculer nos politiques, Monsieur le Commissaire. Il suffit pour cela de lire le projet de cette nouvelle équipe que j'ai pu rencontrer à l'issue de notre mission. Je peux vous faire part de leurs propositions. Des deux objectifs qui se dégagent très nettement, le premier, Monsieur le Commissaire, est l'intégration à l'Union européenne; des groupes de travail étudient déjà la question. Le second est la décentralisation, qui doit éviter une fracture dans ce pays. Il ne faut pas non plus oublier le grand traumatisme de Tchernobyl. Ainsi, Monsieur le Commissaire, je suis étonnée de votre intervention qui ferme cette perspective à l'Ukraine. Pourtant avec sa révolution orange, le peuple ukrainien nous a interpellés et nous interpelle sur notre capacité à répondre aux aspirations que nous­mêmes avons suscitées. Tout dernièrement encore, nous avons massivement affirmé en votant à plus de 70 % l'article premier de la Constitution: l'Union est ouverte à tous les États européens qui respectent ses valeurs et qui s'engagent à les promouvoir en commun. Aujourd'hui, nous devons réfléchir, Monsieur le Commissaire, à la pertinence de la politique du nouveau voisinage pour des pays tels que l'Ukraine, s'il n'y a pas de perspectives d'adhésion. Je crois qu'on se trompe, si on leur donne ce message. Alors, pour nous, Monsieur le Commissaire, l'Ukraine a, sans aucun doute, sa place comme membre de l'Union. (Applaudissements)
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-6-2005-01-13_FR.html
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)