– Monsieur le Président, Monsieur Barroso, six mois après votre désignation par le Conseil européen, vous voilà dans une situation très privilégiée. En effet, vous avez un mandat de cinq ans devant vous et vous avez un défi magnifique: celui de mettre en oeuvre, enfin, cette stratégie de Lisbonne en la dotant de vrais outils.
Situation privilégiée, mais paradoxale aussi, puisque, comme vous l'avez rappelé à l'heure du déjeuner au cours d'une conférence de presse, lorsque vous étiez premier ministre, vous n'aimiez pas beaucoup cette stratégie de Lisbonne. Nous l'avions d'ailleurs constaté au cours des auditions. Pourtant, aujourd'hui, vos nouvelles responsabilités veulent que ce programme soit le vôtre: il représente d'ailleurs le meilleur moyen que vous ayez entre les mains pour remettre l'Union sur les rails et pour lui permettre d'affronter les défis de demain.
Au fond, la séance d'aujourd'hui est presque un galop d'essai pour préparer ce que vous nous direz mercredi prochain, l'essentiel étant de faire de la stratégie de Lisbonne le projet de l'Union européenne pour les années à venir. Si vous voulez réussir dans cette perspective, vous devrez faire reposer cette stratégie sur les trois piliers suivants: des perspectives financières au service de la mise en oeuvre de la stratégie; un pacte de stabilité qui permette la réalisation de la croissance et de la compétitivité de l'Union dans le respect du développement durable et de l'emploi; des politiques de l'Union européenne conformes à cette stratégie.
L'essentiel, pour conserver un bon équilibre, c'est effectivement de ne pas sousévaluer la question sociale. La question sociale ne peut pas être laissée en marge, elle est au contraire au coeur des éléments de la compétitivité du modèle social européen, de la force de l'Europe, y compris dans la compétitivité mondiale. C'est ce que nous attendons de vous et c'est sur la base d'une programmation en ce sens de votre activité, de votre programme législatif, que nous vous jugerons, texte après texte, dans un esprit européen, c'estàdire avec la volonté d'avancer au service du bienêtre de nos concitoyens.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)