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23 février 2005 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Monsieur le Président, notre industrie du textile et de l'habillement va mal. Depuis la fin des années 80, les entreprises françaises licencient ou ferment et les délocalisations vers les pays à bas salaires se multiplient. Depuis les années 60, la filière textile-habillement française a perdu deux tiers de ses effectifs, soit environ 20 000 emplois par an et, aujourd'hui, nous souffrons de 2 000 suppressions d'emplois par mois. Dans ma propre région du Nord-Pas-de-Calais, historiquement tournée vers le textile, des villes comme Elesmes, Roubaix ou Tourcoing, ont vu leurs entreprises fermer. La situation sociale est déjà dramatique et pourtant, demain, ce sera pire. Jusqu'à présent, les quotas permettaient de limiter les importations de textiles en provenance des pays tiers, mais depuis le 1er janvier 2005, la porte est ouverte aux importations massives en provenance de la Chine. La France et l'Europe doivent choisir dès à présent une stratégie de défense de leur industrie textile. Il est urgent d'exiger de l'OMC des clauses de sauvegarde. En effet, cette possibilité est ouverte aux États membres lorsqu'il est constaté une augmentation soudaine des importations causant un préjudice grave à une industrie locale. Tel est bien le cas aujourd'hui en Europe et en France. Depuis la disparition des quotas au 1er janvier dernier, les importations se sont envolées et la déferlante chinoise détruit des pans entiers de ce qui reste de notre industrie textile. L'augmentation des importations de pantalons fabriqués en Chine entre le 1er janvier 2005 et le 2 février 2005 a été de 792 % par rapport à la même période de 2004. Elle a été de 613 % pour les pullovers. Avant qu'il ne soit trop tard, et n'en déplaise à M. Guillaume Sarkozy, président de l'Union française des industries textiles, partisan militant des délocalisations d'entreprises, il ne faut pas attendre de constater que notre marché intérieur est submergé pour exiger un retour à des barrières douanières et à des clauses de sauvegarde. Les extrémistes du libéralisme, qui ont rédigé l'article 314 du traité constitutionnel annonçant l'ouverture de nos frontières au commerce mondial et la suppression des barrières douanières, nous promettent une dramatique régression industrielle et sociale généralisée. Cette affaire du textile en est un douloureux avant-goût.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-6-2005-02-23_FR.html
Fichier d'origine conservé
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)
– Monsieur le Président, Monsieur le Président en exercice, Madame le Commissaire, il a été rappelé plusieurs fois par mes collègues que l'industrie textile représentait plus de deux millions et demi d'emplois et je viens moi-même d'une région, le Nord-Pas-de-Calais, en France, qui sait de quoi elle parle, parce... Lire ▸
– Monsieur le Président, mes collègues ont rappelé que les conséquences de la levée des quotas ont été immédiates, et la menace qui pèse sur l'industrie européenne du textile et de l'habillement est bien réelle. À titre d'exemple, je souhaite aussi vous présenter le cas de ma région, fortement touchée par le déclin... Lire ▸