– Monsieur le Président, chers collègues, je suis bien sûr partisan du doublement des ressources budgétaires de l'Union européenne affectées à la recherche.
Lorsque l'on réalise que les dépenses publiques et privées de recherche-développement de l'Union ne représentent que 1,95 % du PIB contre 2,64 % aux États-Unis et 2,98 % au Japon, on mesure la profondeur de l'échec de la fameuse stratégie de Lisbonne et de l'échec de la Commission. C'est pourquoi, à mon sens, pour que la politique de l'Union européenne soit enfin efficace en matière de recherche, il faut non seulement un doublement des crédits alloués à la recherche, mais aussi une critique et une remise en cause radicale des méthodes et des objectifs du septième programme-cadre de recherche et de développement mis en œuvre par la Commission européenne et le Conseil.
En effet, contrairement à la philosophie du septième programme-cadre, un système de recherche-développement performant ne peut s'appuyer que sur la coopération et l'échange entre chercheurs, laboratoires publics et privés, et non sur la compétition à outrance et la rareté des crédits.
Ma plus grande crainte, c'est que la concentration des moyens se fasse sur un nombre limité de domaines de recherche prioritaires, ayant a priori un fort potentiel de rentabilité immédiate pour les grands groupes industriels, au détriment de la physique fondamentale et des sciences humaines et sociales, car le recrutement et les carrières des chercheurs risquent alors de se dérouler non plus en fonction d'une évaluation scientifique, mais en fonction des priorités directement dictées par les intérêts des multinationales impliquées dans les actions du programme-cadre.
Pour ma part, j'estime évidemment qu'il faut sortir les dépenses de recherche du calcul du pacte de stabilité, mais cela ne suffit pas. Il faut plus fondamentalement que la maîtrise des questions de recherche en Europe ne soit plus aux mains de la seule Commission, mais aux mains de représentants élus du monde scientifique. Je propose donc la création d'une assemblée représentative de l'ensemble des chercheurs auprès du Parlement européen. Cette assemblée aurait des missions importantes, comme l'évaluation éthique, la rédaction de recommandations, l'incitation aux actions de coopération, la surveillance et la continuité de l'effort consenti, la surveillance de la non-mise en concurrence des régions. Ce n'est que par de telles mesures que notre Union se donnera les moyens d'envisager l'avenir avec davantage d'optimisme.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)