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24 février 2005 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Monsieur le Président, Madame le Commissaire, mes chers collègues, le souhait de la Commission européenne, certes louable, de transférer des bateaux communautaires destinés au déchirage aux pays asiatiques victimes du tsunami est tout à son honneur. L'Union européenne se doit de montrer sa solidarité lors de catastrophes naturelles majeures. Néanmoins, comme mes collègues, je voudrais exprimer ici mon inquiétude face à ce type de démarche. Il existe un risque réel que les bateaux envoyés aux pays asiatiques ne soient pas adaptés aux coutumes de pêche, ni à l'environnement de ces pays. Pire, ils pourraient être une source de nuisance. N'ajoutons pas au drame du raz de marée, celui de voir des bateaux non adaptés, laissés à l'abandon, polluer les côtes de ces pays. Mon autre inquiétude concerne le coût du transport. La Commission européenne estime à environ 50 000 euros par bateau, le coût des transferts des navires de pêche depuis l'Union européenne jusqu'aux pays touchés par le tsunami. Dans ce cas, ne vaudrait-il pas mieux donner directement ces sommes aux pays concernés, qui pourraient ainsi construire bien plus de bateaux respectueux de leurs traditions, d'autant que les ONG qui sont en relation avec les pêcheurs nous ont fait savoir qu'un bateau construit par eux coûtait environ 1 200 euros? C'est pourquoi l'action de l'Europe doit, à mon sens, s'accompagner de deux conditions sine que non. La demande de transfert de navires de pêche doit venir des pays asiatiques eux-mêmes; il semblerait en effet que, déjà, ni l'Indonésie ni le Sri Lanka ne souhaitent en bénéficier. De plus, la FAO n'a reçu aucune demande pour ce type de transfert. Par ailleurs, j'insiste sur le fait que le transfert des bateaux ne doit représenter qu'une partie de nos efforts. En effet, les fonds communautaires destinés à l'aide humanitaire doivent également être mobilisés pour la reconstruction du secteur de la pêche. L'aide pourrait, par exemple, prendre la forme d'envoi d'experts et de pêcheurs afin d'aider à la reconstruction des infrastructures locales de pêche. Le rapport de la FAO que nous attendons début mars sera fondamental dans la définition de la stratégie à suivre au niveau communautaire.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-6-2005-02-24_FR.html
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(La prise de parole ci-dessus)