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16 janvier 2007 · Parlement européen · hémicycle Séance
Monsieur le Président, chers collègues, l'ensemble de mon groupe, y compris les collègues qu'une raison impérative empêche d'être présents aujourd'hui, s'est prononcé pour ma candidature. Pourquoi? Nous avons toujours considéré l'élection du Président du Parlement comme un acte politique fort et, donc, une occasion non pas d'émousser les différences d'options politiques entre nous mais au contraire de les affirmer en pleine clarté, du moins au premier tour s'il y en a plusieurs. Cela nous paraît d'autant plus vrai cette fois-ci que cette seconde moitié de législature sera marquée par le débat sur l'avenir de l'Europe. M. Poettering défend à cet égard, avec constance et sans ambiguïté, une certaine vision de l'Europe dans laquelle la plupart des députés PPE, conservateurs, libéraux, UEN et autres peuvent se reconnaître sans difficulté. On voudra bien reconnaître le fait que, pour ma part, je défends dans cette enceinte, avec la même constance et la même absence d'ambiguïté que M. Poettering, une autre vision de l'Europe, disons une vision alternative à ce que nous appelons l'Europe libérale. Si je devais la définir à grands traits, j'en évoquerais cinq dimensions. Une dimension sociale, tout d'abord. Il faut en finir avec la mise en concurrence des modèles sociaux qui tirent systématiquement vers le bas des conquêtes sociales de plusieurs générations. Une dimension écologique, ensuite. Il faut résister à la tentation de plus en plus forte d'en rabattre sur nos ambitions au nom de la compétitivité dans une économique ouverte. Une dimension solidaire, également. Il faut bannir toute forme d'exclusion, mobiliser tous nos instruments contre les inégalités de développement, tourner le dos à l'Europe forteresse. Une dimension démocratique, surtout. Il faut stimuler l'esprit critique, oser donner la parole aux citoyens, accepter les remises en cause nécessaires. Une dimension mondiale, enfin. Il faut user de notre poids pour changer les relations internationales. Nous devons nous mobiliser contre la guerre en Irak, pour une paix juste en Palestine, pour un vrai partenariat avec l'Afrique, et avec les Etats-Unis, doit prévaloir le principe "Alliés, oui. Alignés, non". Ma candidature vise ni plus ni moins qu'à offrir aux collègues qui se reconnaissent dans cette exigence d'esprit critique par rapport au modèle actuel et dans cette volonté de changement l'occasion d'exprimer leurs convictions. La démocratie, c'est l'acceptation du choix majoritaire et il ne fait aucun doute que M. Poettering sera le prochain Président du Parlement, et ce sera notre Président à toutes et à tous. La démocratie, c'est aussi le respect des personnes. Je veux redire ici que je ne peux que me louer de la loyauté et de la coopération de M. Poettering au sein de la Conférence des présidents, où nous siégeons ensemble depuis sept ans et demi. Mais la démocratie, c'est d'abord le débat d'idées et il passe dans quelques instants par un vote clair, un vote franc, un vote de conviction. Nous sommes toutes et tous des responsables politiques. C'est pourquoi, pour ma part, je n'ai pas ressenti le besoin de mener une quelconque campagne électorale. À chacune, à chacun de nous de prendre ses responsabilités en pleine conscience.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-6-2007-01-16_FR.html
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)
au nom du groupe PPE-DE. – Monsieur le Président, cher Hans-Gert Poettering, Monsieur le Président de la Commission, au nom du groupe du Parti populaire européen et des démocrates européens, de ses 277 membres, je tiens à vous féliciter de la façon la plus chaleureuse pour votre élection à la présidence de notre... Lire ▸