geheim.land Recherche Politique
12 janvier 2009 · Parlement européen · hémicycle Séance
Madame la Présidente, Madame et Monsieur les Commissaires, tout d'abord je remercie les rapporteures. Nous avons aujourd'hui conscience que si les produits phytosanitaires ont permis d'accroître fortement la production agricole, ils ont aussi, pour certains d'entre eux, une incidence très négative sur la santé et sur l'environnement. C'est pourquoi, au-delà de la législation qui sera mise en place, il est également urgent de constituer des registres épidémiologiques permettant de mesurer l'impact de l'utilisation des différents pesticides en fonction de l'exposition subie par les professionnels et par leurs familles, sans oublier, bien sûr, les consommateurs. Dans certaines régions on constate, en effet, une augmentation particulièrement rapide de différents types de cancer. Les enfants des utilisateurs, et notamment des agriculteurs, sont également touchés. Au-delà de cette question essentielle de la santé, c'est aussi l'impact sur l'environnement qu'il faut mesurer. Nous connaissons d'ores et déjà les effets néfastes de certains produits chimiques sur les nappes phréatiques et sur les rivières. À ce sujet d'ailleurs, je ne pense pas que la proposition de renvoyer aux différents arbitrages nationaux la question des zones tampons, soit une réponse satisfaisante. Je pense, au contraire, que la Commission devra être fort vigilante sur ce sujet. Aujourd'hui, on observe également un accroissement de l'érosion des sols qui pourrait remettre en cause l'utilisation agricole de nombreuses terres dans l'Union européenne au cours des décennies à venir. La fertilité de ces terres diminue fortement. Face à ces risques, l'Union européenne réagit: c'est bien; mais elle doit aussi accompagner les agriculteurs dans une démarche de réduction, voire de suppression des pesticides nocifs. La future politique agricole commune doit intégrer cet objectif et mieux prendre en compte financièrement le lien entre production de qualité et agriculture. La recherche en agronomie, en écotoxicologie ainsi que la formation des agriculteurs doivent être mises au service de nouveaux modes de production et déclinées sur les territoires en fonction de leurs spécificités. Je conclurai simplement en citant le titre d'un film qui vient de sortir, qui concerne le sujet de ce soir et qui s'appelle: "Demain nos enfants nous accuserons".
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-6-2009-01-12_FR.html
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)