au nom du groupe Verts/ALE. – Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, cette question orale et la résolution que nous discutons ce soir et que nous voterons cette semaine, j'espère à une très large majorité, est un appel et une réponse politique à un problème international grave et croissant, comme mes collègues l'ont souligné.
Le trafic de la faune et de la flore est aujourd'hui le quatrième commerce mondial derrière les drogues illicites, le trafic d’êtres humains et le commerce des armes. Le PNUE et INTERPOL évaluent que cette criminalité rapporte entre 18 et 26 milliards d'euros par an.
Presque deux tiers des éléphants de forêt - d’Afrique Centrale - ont été tués entre 2002 et 2012 pour leur ivoire destiné aux marchés illégaux. La tuerie de centaines d’éléphants au Cameroun début 2012, par des bandes lourdement armées – venues du Soudan – illustre une situation dramatique.
Au cours des dernières décennies, les réseaux criminels deviennent de plus en plus agressifs dans leur quête de produits de la nature. Dents de tigres, bile d'ours, cornes de rhinocéros, plumes d'oiseaux, ailerons de requins, coraux et carapaces de tortues… aucune espèce n'est vraiment épargnée par les pirates de la biodiversité mondiale.
Aujourd'hui, les conséquences du braconnage et du commerce illégal d'espèces sauvages dépassent la préservation de la biodiversité. Elles touchent la sécurité, la gouvernance ainsi que l’intégrité de nombreux États et populations. Plusieurs études indiquent que ces activités permettent d'alimenter le crime organisé dans le monde, qu’elles participent au blanchiment d'argent, à la corruption, à l’achat d’armes de guerre et au fonctionnement de groupes rebelles, voire terroristes.
C'est un trafic qui aurait déjà fait plus de 1000 morts parmi les éco-gardes chargés de la protection des animaux sauvages avec des répercussions sur les populations locales et des régions entières. Cette criminalité est en passe de devenir rien de moins qu’une menace sérieuse pour la paix et la sécurité.
INTERPOL et d'autres instances internationales demandent aux forces de police du monde entier de lutter contre les atteintes à l'environnement, et à tous les États de renforcer leurs législations et l’application des sanctions contre ces réseaux criminels. Si l’atteinte à l’environnement et la perte de la biodiversité n’ont pas été suffisantes pour émouvoir les citoyens et la communauté internationale, en ce début d’année 2014, les choses doivent et peuvent changer.
Le territoire européen étant la première zone de transit et de destination de ce trafic, le Parlement européen a pris la mesure de l’enjeu et de sa responsabilité. C’est l’objet de notre résolution. L'Union européenne doit se doter d'outils sérieux et efficaces. Les États membres doivent harmoniser leurs législations et renforcer leurs services de douanes. Nous appelons la Commission et le Conseil à l'action, en priorité dans l'agenda de l'UE, et à l’engagement d’EUROPOL.
Nous appelons à une tolérance zéro pour lutter efficacement contre ce fléau qu'est la criminalité liée aux espèces sauvages.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)