au nom du groupe ENF. – Monsieur le Président, la prétention de ce dossier est tout à fait proportionnelle à son épaisseur et au flou artistique qui mêlent vœux pieux de protection des individus, égalité des chances et de l’accès au travail, concepts économiques et surtout monétaires.
Vous avouez clairement certains buts, tels que celui de créer un socle européen des droits sociaux qui puisse servir de boussole à la convergence de la zone euro, disant ainsi clairement que cette zone a perdu la boussole.
Vous avouez aussi que l’harmonisation en matière de santé et de sécurité au travail passera par une harmonisation des systèmes sociaux, c’est-à-dire de leurs caractéristiques nationales, et cela au détriment de la subsidiarité et de la proportionnalité.
Tout cela cache mal des buts plus officieux, tels que la captation par les États des budgets sociaux pour rembourser leurs dettes nationales, tout particulièrement dans la zone euro, dont le taux de chômage est supérieur de deux points à celui des zones hors euro. La Banque centrale européenne (BCE) sera alors seule en capacité de pratiquer, comme elle le fait déjà pour les banques, l’«hélicoptère monétaire» destiné à alimenter un matelas de sécurité contre la pauvreté.
Ce n’est pas une fiction, c’est pour demain. Si l’on en croit les projections à moins de dix ans, nous assisterons à des pertes massives d’emplois secondaires par la généralisation des procédés numériques et robotiques. Ce sera le revenu universel, héritier du salaire minimum européen, qui placera ainsi tous les Européens dans les seuils officiels de pauvreté.
Pour toutes ces raisons, nous sommes opposés à ce texte.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)