– Madame la Présidente, chers collègues, en mai 2016, une résolution de notre Parlement a clairement indiqué que la Chine ne remplissait pas les conditions qui lui permettraient d’obtenir le statut d’économie de marché.
Il y avait urgence puisque 15 ans après son admission à l’Organisation mondiale du commerce, la Chine allait bientôt se voir accorder ce précieux sésame pour inonder davantage nos marchés européens.
C’est le sens même du mot anglais dumping, décharger, jeter en tas, en l’occurrence par des navires porte-containers.
Accorder à la Chine ce statut d’économie de marché aurait enlevé à nos États la possibilité de prendre ensuite des mesures antidumping.
Mais, pour plaire aux Chinois, la Commission européenne a proposé de supprimer la distinction, que fait pourtant l’OMC, entre les pays qui ont et ceux qui n’ont pas ce statut d’économie de marché.
Dans ces conditions, le rapport initial de M. Cicu était un moindre mal par rapport aux propositions de la commissaire Malmström, sauf que le consensus mou sur lequel nous devrons nous prononcer demain pose plus de questions qu’il n’apporte désormais de réponses crédibles.
Aujourd’hui, le taux maximal de taxation des importations prévues par les textes européens est de 35 %, ce qui est dérisoire par rapport aux taxes décidées, par exemple par les États-Unis pour sauver leur industrie.
Il n’y a qu’à voir ce qu’a fait l’administration Trump, le mois dernier, avec son bras de fer avec le canadien Bombardier, après avoir imposé une surtaxe de 220 % sur chaque appareil de série C vendu aux États-Unis, le département du commerce y a ajouté des droits antidumping de près de 80 %.
Ainsi, alors que les négociations intra-européennes sur la modernisation de nos défenses commerciales sont gelées depuis 2014, je vous invite à écouter le discours prononcé par le président Trump vendredi dernier à Da Nang au Vietnam. Nous ne pouvons plus tolérer les abus commerciaux chroniques, a-t-il déclaré. C’est ce qu’il a dit au président chinois avec le franc-parler qu’on lui connaît. Tandis que l’Union européenne multiplie les accords de libre-échange tous azimuts, Trump a annoncé le retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique. Le président des États-Unis défend donc les intérêts de ses citoyens plutôt que ceux des multinationales. Nous pouvons et nous devons en faire autant.
(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 162, paragraphe 8, du règlement intérieur))
La source —
parlement_europeen
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
Question "carton bleu". – Madame la Présidente, je viens d’entendre ce que dit le collègue Nicolas Bay et, en effet, la résolution 2016 du Parlement européen était une résolution très importante, parce qu’elle marquait la volonté du Parlement, quasiment sur tous ses bancs, de rappeler à quel point il fallait que...
Lire ▸
réponse «carton bleu». – Mon cher collègue, vous n’êtes pas novice dans cette maison et vous savez donc que, bien souvent, les textes très complexes qui passent en commission ou en séance plénière comportent bien des dispositions assez diverses et que, parfois, on peut apprécier tel ou tel aspect, considérer qu’il...
Lire ▸