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29 novembre 2017 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Monsieur le Président, cette proposition a le mérite de chercher à renforcer le lien que la stratégie européenne de sécurité a établi dès 2003 entre sécurité et développement. La sécurité d’un pays est en effet une condition nécessaire de son développement. Charles Péguy le disait déjà: «l’ordre, et l’ordre seul, fait la liberté». En clair, la proposition vise à permettre à l’Union européenne de soutenir les forces militaires de pays en voie de développement. À l’heure où le terrorisme islamiste déstabilise bon nombre de pays, notamment en Afrique, cette initiative peut au premier abord sembler pertinente, mais il faut être lucide et savoir ce que l’on veut. Cette proposition s’inscrit dans une stratégie qui vise à étendre l’emprise de l’Union européenne sur les politiques étrangère et de défense de ses États membres. Or, j’estime que les affaires étrangères et la défense nationale doivent continuer à relever de la souveraineté des États. C’est une question de principe, notamment pour la France, qui reste une grande puissance diplomatique et militaire. Mais c’est aussi la sagesse, car l’Union manque de réalisme. Elle a déjà échoué à arrêter l’immigration en provenance de Libye, à tel point que l’Italie a dû se substituer à elle pour régler le problème grâce à un accord bilatéral. Par ailleurs, elle donne des leçons de morale au monde entier et on verra très vite que son moralisme provoquera l’échec de sa politique d’intervention. L’histoire nous enseigne que les empires finissent toujours mal.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-8-2017-11-29_FR.html
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