au nom du groupe ENF. – Monsieur le Président, officiellement, la citoyenneté européenne aurait dû s’exercer dans un cadre approprié que l’Union appelle un espace européen de prospérité. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est raté! Les politiques européennes d’austérité ont produit des dizaines de millions de pauvres en Europe. Ce sont les sacrifiés de l’ultralibéralisme, pour lesquels la citoyenneté européenne s’exprime par des droits épouvantables, qui sont la marque de leur désespoir: droit au déclassement social pour tous ceux qui ont perdu leur travail ou qui n’en ont jamais trouvé, droit des Grecs d’aller à la soupe populaire et même droit des agriculteurs français, poussés à bout par une politique agricole commune devenue folle, de se suicider.
Face à cet échec, l’Union nous propose trois remèdes dérisoires. Le premier consiste à tenter de redynamiser le droit de pétition. Vaine promesse, quand on sait que la Commission européenne enterre illégalement les pétitions qui lui déplaisent, à commencer par celles qui protestaient contre le TAFTA. Par contre, elle met en avant celles qui lui plaisent, comme, par exemple, les pétitions qui ont protesté contre le Brexit. Bafoué ou instrumentalisé, selon les cas, le droit de pétition n’est qu’un alibi démocratique destiné à camoufler la nature oligarchique de l’Union.
Le deuxième remède est tout aussi hypocrite, chaudement recommandé par la majorité du Parlement européen. Il consiste – je cite le paragraphe 31 de sa proposition de résolution – à définir clairement une politique européenne de lutte contre la propagande anti-européenne, admirable antiphrase par laquelle l’Union accuse les souverainistes de propagande alors que c’est elle qui la pratique massivement et avec notre argent.
Mais il y a encore pire! Je veux parler du troisième remède, qui consiste à remplacer progressivement, pour les élections européennes, les listes nationales par des listes européennes. L’objectif est d’arracher les citoyens à leur nation pour parfaire leur transformation en consommateurs dociles, à la merci des multinationales et des lobbies. Mais les peuples se révolteront avant que vous réussissiez à l’atteindre, car les nations sont toujours vivantes et leur énergie vitale vous emportera.
La source —
parlement_europeen
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
– Monsieur le Président, je voudrais d’abord remercier l’équipe à l’initiative de ce rapport, notre rapporteur fictif, M. Papadakis, et, au-delà des remerciements d’usage, remercier sincèrement la rapporteure, Mme Becerra Basterrechea, qui a su organiser ses travaux dans une attitude extrêmement ouverte et...
Lire ▸