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12 décembre 2017 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Madame la Présidente, le week-end dernier, l’Aquarius, bateau affrété par SOS Méditerranée a encore porté secours à 450 personnes. Les témoignages recueillis à bord sont accablants: «sur la plage, les gens avaient peur, mais les gardes en uniforme pointaient leurs armes pour nous forcer à monter dans les bateaux». Des gardes, en uniforme, il y a quelques jours… Depuis des mois, on nous dit que l’on forme des garde-côtes, 100 à 150 nous a-t-on dit à Tunis en septembre, et le même nombre nous a été répété la semaine dernière à Bruxelles. Donc, en trois mois, rien de nouveau, malgré CNN, oserais-je dire. Eh oui, ce n'est pas nouveau! Le trafic d’êtres humains et les tortures existent depuis des années, y compris déjà sous Kadhafi, et l’Union européenne cherchait déjà à négocier un accord. Il n’y a pas de solution miracle. Assez de beaux discours, assez de belles histoires, de chiffres dérisoires par rapport aux réalités! Le gouvernement dit officiel ne contrôle qu'une infime partie du territoire. Il n'y a donc pas d’enquête approfondie, il n'y a pas de système judiciaire. Les centres de rétention sont hors de contrôle. Comment comptez-vous évacuer ces centres? Et on va ouvrir un central d'appels à Tripoli pour mieux refouler en Libye ces hommes, ces femmes, ces enfants qui sont rançonnés, martyrisés, vendus comme des marchandises, assassinés. Combien de morts encore? Par les financements versés, par vos politiques qui aggravent la situation, y compris au Niger, vous êtes complices de ce qui se passe dans ce pays. Un jour, vous en serez comptables et, notamment, de ces milliers de vies humaines perdues en mer comme dans le désert.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-8-2017-12-12_FR.html
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(La prise de parole ci-dessus)