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13 décembre 2017 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Monsieur le Président, on ne peut que soutenir, sur le principe, l’idée de normes sociales non négociables entre les pays européens. Il faut rappeler, en effet, qu’en dépit des promesses de prospérité et de plein emploi, l’Union européenne compte aujourd’hui 18 millions de chômeurs et 119 millions de personnes risquant l’exclusion sociale. En France, entre 2005 et 2015, c’est un million de nouveaux pauvres qui sont venus grossir les rangs des Français vivant sous le seuil de pauvreté. La situation ne fait que s’aggraver à mesure que l’instabilité grandissante du travail, au travers de ce que la Commission appelle pudiquement les «contrats atypiques», conduit à l’émergence de précariat comme nouvelle classe sociale. De fait, les travailleurs pauvres représentent désormais 9 % de la population active. Les incantations en faveur de normes sociales communes resteront cependant lettre morte, tant cette paupérisation générale résulte du nivellement par le bas entre États membres puisque les écarts salariaux vont de 1 à 10. Signe que la Commission européenne n’a aucune intention de traiter le mal à la racine, la réforme du travailleur détaché a donné le ton en maintenant le rattachement du travailleur au système social de l’État d’origine, ce qui est la cause principale du dumping social. Une fois encore, Bruxelles déplore donc les effets dont elle chérit les causes en maintenant le cap d’une Europe du libre-échange, contraire à la volonté des peuples.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-8-2017-12-13_FR.html
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