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15 janvier 2018 · Parlement européen · hémicycle Séance
rapporteure. – Monsieur le Président, ce qui va se passer au niveau de ce vote est très important, parce que c’est vraiment une cohérence entre l’engagement de l’Union européenne et des États membres vis-à-vis de l’accord de Paris et notre législation, et c’est pour cela qu’il faut de l’ambition et de la cohérence. Il était donc nécessaire d’avoir une loi-cadre européenne sur le climat et l’énergie. Ce sont donc des objectifs importants et on a défini ces objectifs avec une vision, je dirais, pour 2050. On a introduit le concept d’un budget carbone, c’est-à-dire ce qui peut encore être émis dans l’atmosphère pour se conformer à l’accord de Paris et voir après ce qui reste sur la contribution de l’Union européenne. Si l’Union européenne devient une économie décarbonée à consommation énergétique nette zéro d’ici 2050 au plus tard, elle a deux leviers majeurs, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, et je suis d’accord avec mes collègues corapporteurs qui disent que la Commission n’est pas suffisamment ambitieuse, et les États membres non plus, d’ailleurs, pour justement être en cohérence avec les accords de Paris. De même, ce qui a été intéressant – j’espère que mes collègues vont l’appuyer – c’est que l’on a introduit, justement, le fait que la Commission élabore une stratégie complète pour le méthane, parce qu’il a un très fort potentiel de réchauffement planétaire et que, sur cinq ans, par exemple, une tonne de méthane fait autant de dégâts que 101 tonnes de CO2, donc c’est très important de l’intégrer. Maintenant, sur la méthode: comment mettre en musique ces objectifs en élaborant d’abord des plans nationaux intégrés pour l’énergie et le climat pour 2030 tous les cinq ans, avec une perspective tous les dix ans? On sait que certains États y sont assez hostiles, mais c’est très important de l’encourager. De même, il faut de la transparence. Il faut élaborer une plateforme permanente de dialogue pour impliquer les différentes strates de la société, parce que si l’on n’implique pas les partenaires, les collectivités ou la société civile, on n’y arrivera pas. Sachant que les objectifs sont définis par des législations sectorielles, que cela soit la directive sur les énergies renouvelables, sur l’efficacité énergétique, ou sur les bâtiments, le rapport sur la gouvernance fait référence à des trajectoires linéaires pour le déploiement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique au cours des dix ans qui viennent, et lorsque l’on regarde cela, c’est un plus pour tout. C’est un plus pour la sécurité des investissements, pour la création d’emplois et pour répondre à la précarité énergétique. Cela ne peut toutefois se faire que si les objectifs sont contraignants, alors que là, justement, on voit que les États membres n’y sont pas favorables; il est donc important que les députés européens encouragent cette politique européenne afin que ces objectifs soient atteints. Et si l’Union européenne ou un État membre s’écarte de sa trajectoire, il faut qu’on ait un mécanisme de redressement qui soit mis en œuvre, une espèce de boîte à outils pour la réalisation de ces objectifs. Je compte donc sur mes collègues, parce qu’on ne peut pas dire, d’un côté, que l’Union européenne est un peu leader au niveau du climat, puis, du point de vue de la législation, être en-deçà des objectifs fixés par les accords de Paris. Il y a donc un enjeu européen très fort dans les votes qui auront lieu demain.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-8-2018-01-15_FR.html
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