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16 janvier 2018 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe ENF. – Monsieur le Président, l’Union européenne, qui ne cesse de s’immiscer dans des problèmes pour lesquels elle n’a aucune légitimité, devrait faire preuve de moins d’angélisme. Répéter en boucle «il faut se remettre à la table des négociations» ne sert qu’à faire plaisir à celui qui le dit, mais certainement pas à faire avancer la paix en Colombie, d’autant que certains groupes armés mafieux ne veulent pas s’installer à cette table. Les commandants guérilleros qui ne veulent pas rendre les armes ne le font pas par idéologie, ils le font pour des raisons purement financières afin de rester les maîtres de leur territoire, de continuer à piller les ressources naturelles, de continuer le racket, les kidnappings, les assassinats et de continuer à accumuler les revenus de la drogue. Face à des guérillas qui ne sont plus que criminelles, les pays de l’Union seraient mieux inspirés d’aider militairement le gouvernement colombien à éliminer un ennemi mortel et d’accentuer la lutte contre le trafic de cocaïne qui alimente la guerre civile en Colombie et constitue chez nous un grave problème de santé publique. Un an et demi après un accord qui a été rejeté par le peuple colombien et qui ne repose plus sur aucune légitimité populaire, certains axes sont à favoriser: accroître la lutte contre les narco-guérilleros; développer les programmes économiques dans des régions abandonnées par les guérilleros; distribuer plus équitablement les richesses pour éviter de nourrir une des causes qui a permis le développement des mouvements insurrectionnels au lieu de favoriser le libre-échange comme l’Union européenne le fait, ce qui a pour conséquence d’aggraver encore les différences de niveaux de vie entre ceux qui profitent du libre-échange et ceux qui le subissent. Enfin, il faut que l’État colombien reprenne toute sa place dans les territoires laissés par les forces révolutionnaires. Il est incroyable en effet de constater que la situation des habitants y est souvent pire que lorsqu’ils étaient sous le joug des guérilleros, ce qui pousse même les Colombiens à s’armer pour assurer leur sécurité.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-8-2018-01-16_FR.html
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(La prise de parole ci-dessus)