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18 décembre 2019 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Madame la Présidente, chers collègues, en mission à Nairobi avec une délégation du Parlement, je suis revenue choquée par de nombreuses histoires de femmes qui ont subi des mutilations génitales en plus de mariages forcés. Les MGF constituent une forme extrême de discrimination et de violence contre les femmes. Exciser, c’est découper à vif le clitoris de jeunes filles, voire d’enfants, avec des ciseaux ou des lames de rasoir. Ce sont des actes de torture qui constituent une atteinte à la dignité de la femme. La vérité qui dérange est que nos pays ont importé sur notre sol des traditions culturelles et religieuses qui pratiquent ces actes de barbarie. Aujourd’hui, environ 124 000 filles en France ont subi cette pratique barbare et 21 % des filles originaires des pays pratiquant les mutilations génitales féminines sont une population à risque. La Commission européenne estime que plus d’un demi-million de femmes en Europe ont été mutilées, des chiffres alarmants et intolérables. Quel type de société devenons-nous, alors que tant de filles dans notre propre pays doivent vivre avec la peur d’être mutilées? Lors de la dernière session plénière à Strasbourg, mon groupe a proposé un amendement sur ces actes de torture. Nous avons condamné cette pratique hideuse, nous avons préconisé des mesures claires à prendre, mais le texte a malheureusement été rejeté pour des raisons politiciennes. La liste est là: 450 parlementaires ont voté contre. Dans certaines régions, les mutilations génitales féminines peuvent être basées sur la tradition, mais ce n’est pas notre tradition. De telles croyances n’ont pas leur place dans nos sociétés. En France, des jeunes filles victimes d’excision soulignent que la législation française n’était pas suffisamment forte pour contrebalancer le poids de la pression sociale. Il est donc grand temps que nos pays poursuivent systématiquement les auteurs de mutilations génitales féminines. J’exhorte donc les États membres à faire appliquer le signalement obligatoire des mutilations génitales par les professionnels de santé et de l’enseignement. Mettons fin ce laxisme, à ce manque de courage, et sanctionnons durement cette barbarie. Je vous rappellerai que l’Europe est le continent d’Hélène de Troie, de Jeanne d’Arc et de Marie Curie, des femmes qui sont au cœur de notre histoire et qui définissent qui nous sommes. Notre devoir est de protéger cette Europe, berceau des droits des femmes, en rappelant sans cesse ces valeurs de respect et de liberté pour toutes.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-9-2019-12-18_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)