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10 février 2020 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe GUE/NGL. – Madame la Présidente, depuis trois mois, les Français manifestent dans la rue en chansons, en danses, contre la réforme des retraites. Depuis trois mois, ils se battent contre une réforme qui les fera travailler plus longtemps pour des pensions de misère. Cette réforme ne vient pas de nulle part, elle est directement inspirée des recommandations de la Commission européenne et de sa procédure de contrôle budgétaire. J’ai là les recommandations faites par la Commission européenne à la France, et c’est écrit noir sur blanc, page 6: la réforme du système de retraite pourrait alléger la dette publique. Comprendre: il faut faire des économies sur notre système de retraite – et c’est exactement l’ambition du système français. Mais la Commission ne s’arrête pas là. Page 5, on peut lire: la baisse de la dette publique dépendra de la capacité du gouvernement à réaliser les objectifs de dépense fixés pour le système de retraite. Comprendre: la santé publique coûte trop cher. Résultat: 17 500 lits fermés en six ans et des soignants en grève depuis un an, qui crient leur désespoir face à l’abandon de l’hôpital public. Dans les recommandations de la Commission, il en va ainsi pour l’ensemble de nos services publics: la protection sociale, le niveau de salaire minimum... Des économies, toujours plus d’économies. Et bien entendu des baisses d’impôts pour les plus riches et les grandes entreprises. Exactement ce qu’applique avec zèle le gouvernement français d’Emmanuel Macron. Toute cette procédure du Semestre européen repose sur un seul objectif: la sacro-sainte limite à 3 % de déficit – une règle fixée un jour sur un coin de table, qui n’a aucun fondement économique et qui est d’ailleurs critiquée même par les économistes les plus libéraux. La Commission européenne s’interroge aujourd’hui sur la pertinence de ces règles. Il était temps! Mais si la révision s’en tient seulement – comme cela semble s’annoncer – à l’intégration des objectifs de développement durable des Nations unies, autant pisser dans un violon. C’est toute l’architecture de la gouvernance économique européenne qu’il faut revoir pour répondre aux deux défis de notre temps: la crise des inégalités et la crise climatique. Cette révision du semestre européen ne peut être cosmétique, car l’austérité ne sera jamais ni écologique, ni sociale.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-9-2020-02-10_FR.html
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