rapporteur. – Madame la Présidente, chers amis, on a beaucoup parlé du «monde d’après»: le monde d’après le coronavirus. Et si nous ne sommes pas capables de changer radicalement de politique, je crains que le monde d’après soit comme le monde d’avant, mais en pire.
En 2020, nous avons évité l’effondrement. Merci à Angela Merkel, à Emmanuel Macron et à tous les chefs d’État qui ont soutenu le plan de relance. Merci à tous les diplomates, les commissaires, les hauts fonctionnaires qui ont passé des nuits blanches pour le négocier. Sans ce plan, sans les milliers d’emplois protégés, nous serions très proches du chaos.
Mais nous savons tous que rien n’est réglé. Le mélange de la crise sanitaire, de la crise sociale et de la crise climatique peut nous amener très vite au chaos. Tout reste à faire pour construire un nouvel équilibre, un nouveau modèle de prospérité.
Vendredi, tous les dirigeants européens se sont mis d’accord sur un objectif nouveau: baisser de 55 % les émissions de CO2 d’ici à 2030. Bravo! Mais nous savons tous que pour arriver à ce résultat, tout reste à faire.
Si nous tenons compte des produits importés de Chine, nos émissions de CO2 n’ont jamais diminué. Nos émissions, nos bilans carbone n’ont jamais diminué. Donc tout reste à faire. Et 2020, malgré la crise économique, peut être la pire année pour l’évolution du CO2, car les feux de forêt ont fait plus que compenser la baisse du CO2 liée à la crise économique.
Mes amis, en 2020, nous avons évité l’effondrement. 2021 doit être l’année d’un renouveau, d’un nouveau départ pour l’Europe, une nouvelle donne sociale, une nouvelle donne écologique. Et pour financer cette nouvelle donne, il nous faut de nouveaux moyens financiers.
La Commission européenne elle-même affirme que pour gagner la bataille du climat et de l’emploi, il faut chaque année rajouter plus de 600 milliards d’euros d’investissements.
Dans son rapport voté le 13 novembre, le Parlement apporte des solutions concrètes pour trouver ces 600 milliards, y compris cinq nouvelles ressources propres. Il rappelle que, à elle seule, la taxe sur les transactions financières peut rapporter 57 milliards chaque année, malgré le Brexit et la crise économique. 57 milliards, c’est plus que les quatre autres ressources ensemble. Et pour sortir de la règle de l’unanimité qui bloque la négociation, le Parlement demande qu’on relance sans tarder la coopération renforcée avec un groupe de pays pionniers.
Bonne nouvelle: dans l’accord sur le budget qui a été validé jeudi par les 27 États membres, la Commission européenne rejoint la proposition du Parlement. Elle redit qu’on peut relancer la négociation avec un groupe de pays pionniers sur la taxe sur les transactions financières, en coopération renforcée, et finir cette négociation d’ici 2022. La Commission dit que si la négociation est finie d’ici à 2022, elle proposera de faire de cette taxe sur les transactions financières une ressource propre pour l’ensemble de l’Union. La Commission rejoint les propositions du Parlement pour débloquer la négociation.
Cette fois-ci, si un pays veut bloquer la négociation, il ne pourra pas. Pas besoin d’unanimité. Et si la taxe sur la spéculation permet en même temps de rembourser la dette commune de «Next Generation EU» et de financer le plan climat et emploi, celui qui bloquera la négociation devra expliquer devant ses électeurs qu’il préfère baisser les retraites ou les dépenses de santé plutôt que de taxer un peu les traders.
Mes amis, en 2021, il faut pour l’Europe un tournant historique. En conscience, je pense que le budget 2021 est bon, mais qu’il n’est pas à la hauteur des enjeux. Je l’ai dit depuis plusieurs mois devant vous, en conscience: s’il n’y a pas 50 milliards de plus chaque année pour le budget, je ne pourrai pas le voter. Je ne voterai pas contre non plus, je vais m’abstenir.
C’est la première fois dans l’histoire du Parlement qu’un budget est soutenu par six groupes, et je les remercie.
Je pense que, dans les mois qui viennent, avec Angela Merkel, avec Antonio Costa, nous serons capables de faire naître une nouvelle Union. En 1950, il a suffi de deux semaines à Schuman et Adenauer pour faire naître la Communauté européenne du charbon et de l’acier. J’espère que, dans les six mois qui viennent, nous ferons naître l’Union pour la santé, le climat et l’emploi. Une Union nouvelle financée par une taxe sur la spéculation.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
– Monsieur le Président, pour un rappel au règlement, article 155. Vous voulez que je parle en italien? Je peux le faire...
Cher Président, je vous remercie d’être ici, vraiment. C’était difficile, comme vous le savez, pour Strasbourg et les élus que nous sommes, et il est important – vous l’avez souligné dans...
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(La prise de parole ci-dessus)