au nom du groupe ID. – Madame la Présidente, Monsieur Borrell, si j’étais superstitieux, je finirais par croire que le Partenariat oriental porte malheur. Fondé en 2020, à la suite d’événements en Géorgie dont les plaies ne sont toujours pas cicatrisées, le Partenariat oriental va de déception en déception. De l’implosion de l’Ukraine en 2014 en passant par le douloureux affrontement entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ces dernières semaines, le moins qu’on puisse dire est que le Partenariat oriental, pour le moment, n’a pas abouti à la paix.
C’est même la certitude pour les pays qui en sont membres de voir de plus en plus d’ingérence de l’Union européenne dans leurs affaires. En Moldavie, on s’aperçoit que, finalement, les accords de subvention dépendent par moments du résultat des élections. Au Bélarus, l’Union européenne a décidé de passer à la vitesse supérieure et, à entendre certains de nos collègues, un sondage sur internet suffit désormais pour choisir qui a gagné les élections présidentielles.
Mais je pense que cela n’a en réalité aucune importance. Quand on se satisfait d’avoir une politique étrangère qui applique des sanctions, j’ai envie de vous demander, Monsieur le Haut représentant: quel a été le résultat de ces sanctions? Depuis 2014, la Russie est sous sanctions. Désormais, c’est le Bélarus. Sérieusement, est-ce que l’un d’entre nous pense que ça va les faire changer d’avis? La réponse est non. On n’a jamais vu des sanctions faire plier un pays.
Est-ce qu’il n’est pas temps d’avoir un autre dialogue? Car je pense que, au sein de l’Union européenne, toutes nos nations sont égales, mais certaines consentent des efforts financiers et humains pour maintenir une politique étrangère et militaire indépendante. D’autres, visiblement, ont décidé de suivre les consignes de l’OTAN. À ce titre, entendre des personnalités éminentes de la CDU allemande refuser l’idée même d’une autonomie stratégique vis-à-vis de l’OTAN donne une véritable image de la réalité.
Voilà pourquoi nous ne pouvons nous satisfaire de ce Partenariat oriental qui, pour nous, en réalité, est certes un instrument pour distribuer des aides dans ces pays, mais qui malheureusement, depuis dix ans, n’a abouti à aucun résultat véritablement concret.
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