– Madame la Présidente, le 8 juin 1978 à Harvard, Alexandre Soljenitsyne a prononcé un discours souvent qualifié de prophétique. Il disait notamment, je cite: «le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur, il est le symptôme des révélateurs par lequel l’histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l’occurrence, le déclin des arts, ou le manque des grands hommes d’État».
L’Union européenne n’a pas écouté Alexandre Soljenitsyne. Pire, elle présente le redressement de la Russie opéré par Vladimir Poutine comme un danger pour elle. Qui croit vraiment que Moscou soit un danger pour Paris, Rome ou Berlin? Pour ne pas voir que l’influence de l’Europe se réduit, nous inventons des fantômes. Pour ne pas avoir le courage de s’émanciper de la tutelle des États-Unis et de l’OTAN, l’Union est prête à toutes les sanctions, à toutes les provocations envers Moscou.
Alexeï Navalny n’est pas un acteur majeur de la politique russe, ses prises de position sont d’ailleurs parfois aux antipodes des idées que nous défendons ici. Je vous rappelle ainsi que M. Navalny affirme que la Crimée restera russe pour très longtemps. Son empoisonnement, oui, mérite une enquête internationale, selon le droit en vigueur, c’est-à-dire après avoir apprécié la qualité de l’enquête russe.
Par aveuglement, l’Union européenne s’entête donc à soutenir toute opposition à Poutine. C’est l’inverse de la diplomatie et le contraire de ce à quoi l’Union doit servir: soutenir les intérêts de nos nations. À moins bien sûr que l’Union cherche à soutenir les intérêts d’un autre État qui nous a récemment donné le spectacle de la fin de sa domination mondiale, c’est d’ailleurs ce que Soljenitsyne annonçait. Aveuglés, nous ne voyons plus que les discussions, comme celle que nous avons en ce moment, ne provoquent plus l’admiration du monde, elles provoquent plutôt sa consternation.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
– Madame la Présidente, chers collègues, regardons bien et regardons mieux car, dans cette affaire Navalny; il n’y a pas qu’un invraisemblable déni de droit et de toutes les libertés à la fois. Cela c’est l’intolérable évidence, celle que ce Parlement doit dénoncer et sanctionner mais ce que nous dit d’abord...
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(La prise de parole ci-dessus)