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20 janvier 2021 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe ID. – Monsieur le Président, Madame la Présidente, Monsieur le Président, chers collègues, les États-Unis changent aujourd’hui de président après avoir donné au monde un spectacle accablant: je parle bien sûr des images choquantes du Capitole. Cette profanation du temple de la démocratie américaine est grave et les morts, parmi les policiers comme parmi les manifestants, sont autant de drames. Violer l’institution symbolique que représentent les bâtiments du Congrès américain est inexcusable, mais cette manifestation houleuse n’était en rien un coup d’État. Joe Biden a regretté l’agression sans précédent de la démocratie américaine. Il n’avait rien dit lorsque, quelques mois plus tôt, les mêmes bâtiments était envahis par l’extrême gauche radicale et le mouvement Black Lives Matter. L’autre spectacle accablant et qui doit, lui, nous inquiéter, c’est l’exclusion par la quasi-totalité des réseaux sociaux d’un président démocratiquement élu et encore en exercice. C’est une agression historique sans précédent contre ce principe démocratique essentiel: le respect de la liberté d’expression. Les réseaux sociaux ont débranché Donald Trump, s’arrogeant le droit exorbitant de créer de nouvelles règles. Ils estiment que les conditions d’utilisation de leurs services priment sur la constitution des États souverains. Joe Biden affiche sa volonté de remettre en place un leadership mondial américain avec des accents bellicistes. Cela ne peut que nous inquiéter après le mandat de Donald Trump marqué par des années sans aventure militaire, sans doute son accomplissement le plus marquant, après un demi-siècle d’interventions militaires américaines au gré des présidents qui se sont succédé. Quand Joe Biden affirme, et je le cite: «Nous devons prouver au monde que les États-Unis sont prêts à diriger de nouveau, non seulement avec l’exemple de notre puissance mais aussi avec la puissance de notre exemple», c’est arrogant, ce n’est pas l’Amérique qu’on aime. Au-delà de l’homme et de son style, la défaite électorale de Donald Trump ne remet en rien en cause l’agenda politique qu’il a développé aux États-Unis et qui est, partout sur la planète, porté par les peuples: régulation de l’économie mondialisée, remise en cause du rôle de gendarme du monde des États-Unis, rejet du politiquement correct, écoute des populations face aux inégalités grandissantes. Ces thèmes sont ceux que portent le Rassemblement national en France, la Lega en Italie, l’AfD en Allemagne, l’ensemble de nos alliés en Europe. Et c’est ce profond respect pour les peuples qui nous portera au pouvoir pour protéger en Europe des pratiques démocratiques affaiblies et des libertés publiques gravement entravées au nom d’une sécurité sanitaire qui a bon dos.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-9-2021-01-20_FR.html
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