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20 janvier 2021 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe The Left. – Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre Costa, bienvenue ici au Parlement européen. 13 000 suppressions de postes chez Airbus, 10 000 chez IBM, 2 300 chez Michelin, 2 000 chez Sodexho. Je pourrais continuer d’énumérer cette liste sordide de plans sociaux pendant des heures, tellement la crise sociale fait rage partout en Europe. Des entreprises qui licencient à tour de bras, des indépendants étranglés par les dettes, le chômage qui explose: voilà la terrible situation de l’Europe en ce début d’année. Voilà ce qui doit être la priorité absolue de votre présidence. La récession a bon dos pour les profiteurs de crise qui reçoivent des aides publiques sans aucune contrepartie sociale. Alors oui, pour distribuer des dividendes à leurs actionnaires, certaines des multinationales n’ont pas hésité un seul instant, mais quand il s’agit de sauver l’emploi, il n’y a plus personne. Prenez, par exemple, Sanofi, quatre milliards d’euros de dividendes et 1 700 postes supprimés. Derrière ces chiffres qui donnent le tournis, ce sont autant de vies bouleversées, de visages inquiets, de familles déboussolées qui sombrent dans la pauvreté, s’enfoncent encore plus dans la précarité. En Italie, ce sont 3,7 millions de personnes qui ont eu recours à l’aide alimentaire, en France c’est 30 % d’augmentation, à Barcelone les repas distribués ont été multipliés par 20. Chers collègues, dans l’une des zones les plus riches au monde, les gens ont faim. La misère touche tous les segments de notre société et elle s’abat avec plus de force encore sur les jeunes. Déjà ignorés, ils se retrouvent carrément abandonnés avec cette crise. En France, 50 % des étudiants ont du mal à s’alimenter correctement, un quart ont eu des pensées suicidaires, quand ils ne passent pas déjà à l’acte, comme ces deux étudiants à Lyon. Une génération entière est sacrifiée et appelle à l’aide, mais nos gouvernements refusent de l’entendre. Alors la présidence portugaise a déclaré qu’elle ferait de la crise sociale sa priorité. Au nom de notre groupe de la Gauche au Parlement européen, je voudrais vous faire une proposition simple mais pleine de sens, lourde de sens. Décrétons l’état d’urgence sociale. Notre Parlement a proclamé il y a peu l’état d’urgence climatique face à la destruction de notre planète. Réagissons avec la même intensité face au tsunami de pauvreté qui risque de tout emporter sur son passage. Décrétons l’état d’urgence sociale pour les jeunes dans la galère, pour les gens dans la misère, décrétons l’état d’urgence sociale.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-9-2021-01-20_FR.html
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