au nom du groupe ID. – Madame la Présidente, Madame la Ministre, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, il ne peut y avoir de relance économique sans relance sociale. Le constat est accablant: avec la crise, le vieux continent devrait compter plus de 30 millions de travailleurs pauvres, selon l’Observatoire social européen. Je pense notamment aux jeunes et aux femmes, qui sont les plus exposés aux conséquences économiques et sociales de la pandémie. L’incapacité de l’Europe à surmonter les crises sociales n’est hélas pas un fait nouveau.
Pourtant, au milieu des années 2000, l’Europe européenne donnait l’impression qu’elle allait moderniser son agenda concernant la politique sociale. En mars 2008, l’importance de la dimension sociale de l’Union européenne faisait même partie intégrante de la stratégie de Lisbonne. Néanmoins, au cours des années suivantes, les préoccupations majeures portèrent sur la maîtrise des dépenses publiques et les réformes structurelles. L’austérité devint un mot clé de la politique publique de l’Union européenne et la dimension sociale disparut pratiquement de l’agenda politique européen.
D’ailleurs, malgré ce constat, il est intéressant de relever que Bruxelles souhaite renforcer la dimension sociale de l’Union économique et monétaire, alors que les politiques sociales et de l’emploi relèvent très largement de la compétence des États membres. Cette nouvelle intégration fédéraliste se heurtera à la réalité des multiples indicateurs témoignant des disparités européennes sur les questions sociales.
Certes, Bruxelles a appris de ses erreurs lors des crises précédentes, en créant le programme SURE afin d’aider les travailleurs à conserver leurs emplois, cependant, comment sera-t-il possible de combiner effectivement ambition économique et ambition sociale et environnementale? L’Europe va enfin devoir clarifier ses priorités. Les arbitrages sur les plans de relance ainsi que le sommet social à Porto, qui se tiendra au mois de mai prochain constitueront des marqueurs afin de connaître la volonté, feinte ou réelle, de Bruxelles, d’une reconstruction radicalement plus portée sur le social.
La source —
parlement_europeen
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
au nom du groupe The Left. – Madame la Présidente, si je suis là aujourd’hui, c’est pour vous demander de déclarer l’état d’urgence sociale en Europe. Vous l’avez dit, Monsieur le Commissaire, la pandémie a fait exploser la pauvreté et la précarité.
Des étudiants se jettent par la fenêtre de leur chambre...
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