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10 février 2021 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe The Left. – Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, «comment fait-on pour que les hommes arrêtent de violer?» Des centaines de comptes Twitter ont été suspendus pour avoir posé cette question. Alors j’use de ma liberté de citoyenne et de ma position de députée européenne pour vous interroger. Est-ce que quelqu’un conteste ma liberté de poser cette question que beaucoup estiment légitime? Ayons le courage de dire «stop» aux grandes plateformes sur la censure opaque organisée contre la liberté d’expression et d’opinion. Sur internet, la liberté des uns ne doit pas s’arrêter là où les grands patrons des médias sociaux l’ont décidé. Internet doit être un espace d’émancipation individuelle et collective, sans centralisation excessive des pouvoirs de régulation aux mains des acteurs privés. La place prééminente des plateformes dans la modération du débat public politique est une menace pour nos modèles démocratiques. Leur monopole, leurs algorithmes, leurs conditions d’utilisation, l’incapacité des autorités publiques à contrôler la modération sont des problématiques qui structurent l’impasse démocratique dans laquelle nous sommes. Censure de personnalités politiques, censure de propos et effacement de contenu sans décision de justice, censure de comptes féministes, censure de campagnes de sensibilisation aux droits LGBT, mise en avant de contenus polémiques, sont différentes illustrations des atteintes aux libertés des citoyens et à la neutralité d’internet. La censure n’est jamais la solution. Ce n’est que par le pluralisme des médias ainsi que par des politiques éducatives développant l’esprit critique et la tolérance que nos sociétés pourront lutter contre toute forme de haine en ligne et contre la manipulation de l’information. Transparence, responsabilité partagée et protection des droits fondamentaux des citoyens doivent être les lignes directrices des prochains cadres de la législation sur les services numériques et la législation sur le marché numérique, car il revient aux politiques de cadrer l’influence des réseaux sociaux sur le débat politique avant qu’ils ne le cadrent pour nous.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-9-2021-02-10_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)