au nom du groupe ID. – Madame la Présidente, mes chers collègues, le cas particulier d’un opposant au régime de Paul Kagame nous ramène inexorablement au génocide perpétré dans ce pays 25 ans plus tôt, dont nous condamnons de toutes nos forces l’indicible horreur.
Néanmoins, pour la résolution qui nous intéresse, l’Union européenne n’a pas de légitimité diplomatique et pourtant elle s’intéresse au cas de M. Rusesabagina. L’ingérence européenne sur tous les continents et sans résultat doit cesser car ce n’est pas son rôle.
Au mois de septembre dernier, M. Rusesabagina, connu pour son activisme politique contre le régime en place, a été inculpé par la justice rwandaise. Il avait notamment dénoncé les massacres commis par les soldats rwandais sur des civils hutus fuyant en République démocratique du Congo; dernièrement, c’est son alliance avec le Front de libération nationale, la branche armée d’un parti politique après une alternance au régime, qui lui a été reprochée. Le mois précédent, il a été arrêté dans des circonstances troublantes et opaques. Il aurait été kidnappé à Dubaï et livré ensuite illégalement au Rwanda.
Hélas, ses origines familiales le placent au cœur de la discrimination rwandaise. Il est né d’un père hutu et d’une mère tutsi. Comment accepter que de telles discriminations puissent avoir lieu?
Détenu depuis le mois d’août au Rwanda, la communauté internationale s’intéresse enfin à sa situation, alors que son pays d’origine bafoue allègrement les droits de l’homme. En effet, des cas de décès en détention, de disparitions forcées ou de torture sont régulièrement rapportés. Le message politique lancé aux opposants de ce régime en place est limpide: il n’accepte aucune dissidence. Ce n’est pas tolérable.
Par ailleurs, je m’interroge sur la faiblesse du soutien de la Belgique, dont les autorités diplomatiques ont rendu seulement trois visites à son ressortissant.
Enfin, les conditions de détention doivent rester dignes, car le Rwanda n’a pas signé la convention de Strasbourg relative au transfèrement et personne ne devrait être détenu dans de telles conditions. Je crains pourtant hélas que la résolution proposée ne fasse pas varier les agissements de ce régime dictatorial, l’Union européenne n’ayant pas légitimité diplomatique et l’ingérence de Bruxelles ne s’autorisant pas de limite, alors même que le haut représentant vient d’être dernièrement humilié à Moscou.
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