au nom du groupe ID. – Madame le Président, Madame le Commissaire, l’Éthiopie fait de nouveau l’actualité avec la sécession du Tigré et se trouve peut-être à la veille d’un éclatement.
Il faut tout faire pour éviter qu’à un drame humanitaire s’ajoute un drame migratoire car on le sait, parmi les nombreuses routes migratoires africaines, il y en a une qui passe par l’Éthiopie, qui traverse la Libye pour ensuite atteindre l’Europe. Elle concerne non seulement des Éthiopiens, mais aussi tous les peuples de la Corne de l’Afrique. Toute déstabilisation risquerait d’entraîner des répercussions jusque sur notre continent par des déplacements massifs de population.
L’Éthiopie est la clé de voûte de l’équilibre régional, un maillon essentiel dans cette région très sensible où les conflits s’additionnent: lutte entre les deux Soudans, guerre ethnique au Soudan du Sud, dictature en Érythrée, anarchie somalienne et nombreux massacres commis par les islamistes, notamment les chebabs, sans oublier la question des eaux du Nil qui empoisonne gravement les relations avec l’Égypte.
S’il faut s’abstenir de prendre parti dans cette guerre et de s’ingérer dans les affaires internes du pays, nous devons œuvrer pour la stabilité dans la région, en offrant nos moyens humanitaires et diplomatiques, notamment en faveur des déplacés. Il faut saluer le grand pas franchi il y a deux ans, lorsque l’Éthiopie a mis fin au conflit avec l’Érythrée.
Si l’État central n’arrive pas à maintenir un minimum de cohésion entre la mosaïque de peuples qui le composent, ce pays éclatera comme ce fut le cas pour la Yougoslavie. Au-delà, l’Europe doit suivre d’un œil vigilant les bouleversements géopolitiques en cours du Mozambique à Suez et défendre ses intérêts face aux pressions des acteurs régionaux et internationaux.
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