au nom du groupe Verts/ALE. – Madame la Présidente, Madame la Commissaire, merci d’être parmi nous, Monsieur le rapporteur, chers collègues, c’est vrai que la crise de la COVID a été un détonateur au niveau européen. Pourquoi? Parce qu’on s’est rendu compte qu’on n’avait pas des compétences élargies au niveau de la santé. C’est pour cela que ce programme «l’Union européenne pour la santé» est très important parce qu’il correspond à une vraie demande politique et démocratique. Et puis, c’est grâce au Parlement que ce programme, qui va durer jusqu’en 2027, est finalement doté d’un budget de plus de 5 milliards d’euros, c’est à dire 12 fois plus que le programme précédent.
C’est aussi grâce au Parlement, et beaucoup d’ailleurs aux Verts, que la prévention occupe une place à part entière, avec une obligation d’investir au moins 20 % dans des actions et des projets visant la promotion de la santé et la prévention des maladies. Comme je le dis souvent dans la commission spéciale sur la lutte contre le cancer à laquelle je participe, la meilleure thérapie contre le cancer est d’abord de ne pas en développer. Au moins la moitié des cancers trouvent leur origine dans notre environnement, dans ce que l’on mange, dans ce que l’on respire, dans les expositions croisées que l’on subit. C’est pour cela que l’Europe a une véritable responsabilité et doit rationaliser son combat contre les pollutions chimiques, les perturbateurs endocriniens, les ondes électromagnétiques, y compris, bien sûr, la 5G, qui est classée cancérigène possible par l’OMS. Mais c’est aussi pour répondre à la sécurité sanitaire et, dans nos propositions, il y a là l’idée qu’il faut créer des établissements publics à but non lucratif pour fabriquer des médicaments stratégiques et aussi des matières actives dont on a besoin par rapport à la pénurie des médicaments.
Mais il reste de gros points d’interrogation, notamment sur la gouvernance des initiatives faisant partie de l’UE pour la santé. Regardons les leçons de la crise de la COVID. On a vu que l’Union européenne a payé des milliards d’euros aux laboratoires pour les vaccins, mais ces labos n’ont pas tenu leurs promesses. La Commission leur a trop fait confiance pour la production des vaccins. Qu’ont-ils mis en œuvre avec les centaines de millions d’euros d’argent public que nous leur avons donnés pour leur capacité de production? Nous n’en avons aucune idée car rien n’a été fait pour garantir la transparence, Madame la Commissaire, pour poser des conditions ou encore pour associer le Parlement européen à toutes les décisions prises dans l’urgence. Alors, il ne faut pas s’étonner que par rapport à la pénurie des vaccins, des pays comme la Hongrie, la République tchèque ou la Slovaquie et même l’Autriche et le Danemark vont chercher ailleurs les vaccins et notamment des vaccins, qui n’ont souvent pas reçu d’autorisation de mise sur le marché de notre agence. Mais c’est une réalité et il faut qu’on soit beaucoup plus performant au niveau de l’Europe. Il faut qu’on pousse les labos à livrer les doses prévues. Quand on a interrogé Pfizer, ils refusent même de partager des brevets, leur technologie, leur savoir-faire. Or, si on veut avoir les doses demandées, il faut absolument démultiplier les capacités de production et pouvoir assurer l’accès plus large aux vaccins. Pourquoi l’Europe bloque les licences obligatoires? Et c’est très important parce que cela permet de multiplier les sites de production sans utiliser les brevets.
Donc, pour finir, si on veut une Europe de la santé forte, cela demande une vraie exigence politique. Le politique doit reprendre la main et se doter d’outils adéquats pour répondre à la demande des citoyens européens.
La source —
parlement_europeen
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
au nom du groupe Renew. – Madame la Présidente, Madame la Commissaire, la crise sanitaire actuelle aura été l’occasion d’une extraordinaire prise de conscience. Le programme santé 2021-2027 nous a permis de tirer les leçons de cette crise et de commencer à bâtir l’Union européenne de la santé.
L’Europe de la santé...
Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)