– Madame la Présidente, Madame la Ministre, Monsieur le Commissaire, vous l’avez dit, 88 % des citoyens européens attendent plus d’Europe sociale. Et votre plan d’action pour la mise en œuvre concrète du socle européen des droits sociaux est une avancée pour la justice sociale. Et le sommet de Porto, en mai prochain, devrait être l’occasion de concrétiser vos pistes de réflexion. L’occasion de dépasser les déclarations. L’occasion, surtout, de réellement bâtir l’Europe de l’inclusion sociale.
L’Union européenne se fonde sur une double spécificité: un modèle de protection sociale unique au monde et la libre circulation des travailleurs. Malheureusement, ces deux ponts ne vont pas suffisamment ensemble. Nous sommes dans un marché unique, mais aujourd’hui, la liberté de circulation des travailleurs ne rime toujours pas avec portabilité des droits, reconnaissance des diplômes et des compétences, ni lutte contre la concurrence déloyale. Je voudrais souligner ici le cas particulier des travailleurs mobiles, qu’ils soient frontaliers, saisonniers ou détachés. Aujourd’hui, ces travailleurs font souvent face à des conditions de travail précaires, à une rémunération objet de concurrence déloyale entre les États membres, à un moindre accès à la protection sociale ou encore des difficultés pour la reconnaissance de leurs droits et diplômes. Seule une convergence sociale vers le haut en Europe pourra assurer les conditions d’une mobilité des travailleurs juste et respectueuse des droits et ce plan d’action doit y contribuer.
Vous l’aurez compris, Madame la ministre, Monsieur le Commissaire, nous attendons beaucoup du sommet de Porto. Nous, les parlementaires, mais surtout nous, les Européens.
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