au nom du groupe ID. – Monsieur le Président, la prochaine réunion du Conseil abordera notamment les relations de l’Union européenne avec les États-Unis, puis avec la Russie, avec toutefois une légère différence de traitement puisque le président américain, Joe Biden, sera, lui, présent par visioconférence pour échanger directement avec les chefs d’État et de gouvernement européens.
On aurait aimé le même empressement il y a quatre ans pour dialoguer avec Donald Trump, mais il est vrai, et c’est navrant, que l’élection de Biden fut un soulagement pour les institutions européennes, tellement heureuses de pouvoir se placer à nouveau dans le sillage – et même, pourrait-on dire, sous la tutelle – de Washington.
Il est bien sûr légitime d’entretenir de bonnes relations avec les États-Unis, un pays ami, un allié et un partenaire de premier plan. Mais ils sont aussi nos compétiteurs. Ils sont nos rivaux sur le terrain économique et commercial, en particulier, et parfois leurs intérêts ou leurs choix s’opposent frontalement aux nôtres – comme on le voit avec leur alliance contre nature avec la Turquie ou encore leur position sur le nucléaire iranien.
Mais il y a fort à parier que les échanges avec Joe Biden porteront principalement – une fois encore, d’ailleurs – sur la Russie. Sans doute de nouvelles sanctions seront-elles évoquées au nom d’un droit-de-l’hommisme devenu fou qui est brandi également de manière quasi religieuse pour s’en prendre à certains pays d’Europe centrale.
La Russie est pourtant un partenaire naturel pour l’Europe, comme l’a récemment illustré la question du gazoduc Nord Stream 2. Il est compréhensible que l’histoire récente reste traumatique pour certains pays d’Europe de l’Est, mais la Russie d’aujourd’hui n’est pas l’URSS d’hier.
Il n’est pas question de se jeter dans les bras de Moscou pour passer d’une tutelle à une autre, mais de trouver un équilibre entre l’Ouest et l’Est. L’Europe peut et doit exister par elle-même et pour elle-même. Qu’il s’agisse d’économie, d’industrie, du numérique, de la santé ou encore du terrorisme, nous devons répondre par des coopérations et par des protections sans nous perdre dans un pseudo multilatéralisme qui rime bien souvent avec impuissance.
On reste, Monsieur Šefčovič, abasourdi en vous entendant déclarer hier , je cite: «Nous avons été ouverts et généreux. Maintenant, nous invitons nos partenaires à être aussi ouverts et transparents que nous.» Mais quelle naïveté confondante de la Commission! À laquelle s’ajoute, d’ailleurs, l’incompétence sur le fiasco des vaccins qui en a été la dernière démonstration. À l’évidence, les orientations politiques comme le mode de fonctionnement actuel de l’Union européenne ne sont pas à la hauteur des grands défis que nous devons relever collectivement.
La source —
parlement_europeen
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)