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14 décembre 2022 · Parlement européen · hémicycle Séance
auteur. – Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, serons-nous capables de préserver les joyaux dont nous avons hérité? Saurons-nous puiser en nous-mêmes la force de défendre la démocratie et la construction européenne? Ou allons-nous laisser la corruption et l’indolence conduire nos cités à la ruine? La corruption, ce n’est pas simplement des valises de billets. C’est plus largement l’effacement de l’intérêt général devant les intérêts particuliers, le triomphe du confort sur la vertu, la victoire des habitudes sur le courage. Bercées par le mythe de la fin de l’histoire, convaincues de ne plus avoir d’ennemi, certaines du caractère inéluctable de la démocratie libérale, nos élites ont trop longtemps baissé la garde. Or, quand les gardiens de la cité s’assoupissent, les corrompus vendent les clefs de la maison et les ennemis s’en emparent. Avec la commission spéciale sur les ingérences étrangères, nous sonnons l’alarme depuis plus de deux ans. Le temps est venu, aujourd’hui, de prendre notre balai collectif et de nettoyer les écuries d’Augias. Chers collègues, en un mois et deux séances plénières, vous avez vu la matérialisation de tout ce que nous dénonçons et de tout ce que nous analysons depuis le début de nos travaux. Fin novembre, notre Parlement a été la cible de hackers russes. Maintenant, ce sont les valises de billets du Qatar. Nous devons montrer que notre scène politique n’est pas un marché sur lequel Doha, Bakou, Moscou ou Pékin peuvent venir faire leurs emplettes. Ces hommes et ces femmes qui ont été au pouvoir dans l’Union et se sont mis au service de tyrannies étrangères sont des traîtres. Comment a-t-on pu tolérer cela? Comment a-t-on pu tolérer, par exemple, que ceux qui ont décidé de la politique énergétique allemande, si favorable à la Russie, se vendent ensuite à Gazprom? Comment a-t-on pu accepter que tant de nos chefs d’État ou de gouvernement, de nos ministres et de nos députés, venus de tous les pays et de tous les partis, voient leurs retraites payées par le régime de Poutine? Que dire de tous ces anciens responsables politiques européens qui servent aujourd’hui les intérêts chinois? Que dire de toutes ces conférences grassement rémunérées à Doha, ou de ces activités de conseil à Bakou? Il ne s’agit pas ici de morale, mais de politique. Je ne vous parle pas de grands principes, mais de souveraineté bafouée. Monsieur le Commissaire, notre question orale a été rédigée avant le scandale qui nous ébranle, mais elle résonne terriblement avec l’actualité. Le 14 septembre dernier, à cette tribune, la présidente de la Commission a annoncé l’adoption d’un pacte de défense de la démocratie. L’objectif, a-t-elle dit, est de mettre en lumière l’influence étrangère et les financements obscurs. Je continue à citer Mme von der Leyen: «Nous ne laisserons pas les chevaux de Troie des autocraties attaquer nos démocraties de l’intérieur.» C’est le cœur du sujet. Les chevaux de Troie européens des autocraties doivent être mis hors d’état de nuire. Nous voulons donc en savoir plus sur le contenu de cette initiative et sa chronologie. Dans la guerre hybride qui est menée contre l’Union européenne, comment ce pacte nous permettra-t-il de disposer d’armes efficaces pour protéger nos démocraties contre toutes les formes d’ingérence étrangère, depuis les financements d’activités politiques jusqu’aux campagnes de manipulation de l’information ou aux investissements hostiles dans nos secteurs stratégiques? Dans son discours, la Présidente de la Commission a promis solennellement d’éradiquer la corruption à l’intérieur de l’Union. Comment le renforcement annoncé des règles anticorruption sera-t-il lié à ce pacte de défense de la démocratie? Les nouvelles règles promises prendront-elles en compte le cas de tous ces dirigeants européens partis servir les intérêts de puissances étrangères? Comme vous le savez, le 16 septembre 2021, ce Parlement a adopté une résolution appelant à la création d’un organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique. Qu’en est-il de cette demande? Le temps presse. Nous le savons tous: dans la lutte contre la corruption et les ingérences étrangères, nous n’avons pas le droit à la faiblesse ou à la tergiversation. Chaque mesure audacieuse trouvera donc ici un appui déterminé. Chaque rupture avec l’indolence passée ou présente trouvera un soutien fervent. Ensemble, nous devons montrer que la démocratie, lorsqu’elle se réveille et cesse de dormir, est belle et puissante.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-9-2022-12-14_FR.html
Fichier d'origine conservé
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)
au nom du groupe Renew. – Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, cette maison est prise dans le vent mauvais du Qatargate, mais il n’y a pas que cela. Depuis des années, nous subissons avec consternation des discours prorusses à l’extrême droite et à l’extrême gauche de cet hémicycle. Depuis le 24 février,... Lire ▸