au nom du groupe ID. – Monsieur le Président, aujourd’hui, vous voulez fêter les trente ans du marché unique? Oui, Maastricht a un bilan, vous avez un bilan. Trente ans après Maastricht, que sont devenues les entreprises européennes?
Trente ans de délocalisations vers l’Asie ou l’Europe de l’Est, trente ans de subventions de nos concurrents en Europe, les fameux TGV espagnols, les sièges de Renault et d’Airbus aux Pays-Bas, trente ans d’importation de main d’œuvre bon marché, trente ans de destruction de nos champions Alstom, Nokia, Ariane et Pechiney. Vos recettes sont périmées. La concurrence fiscale déloyale de l’Irlande et des Pays-Bas, c’est vous. Le puritanisme vert, c’est vous aussi, avec la punition par les taxes, la fermeture de notre nucléaire, la hausse des prix de l’énergie pour tuer notre industrie. Avec vous, la France restera un nain numérique et un «Jurassic Park» industriel, un pays HLM sans usines et avec des déséquilibrés en liberté. Emmanuel Macron n’aura plus qu’à fermer la lumière en sortant.
Il y a trente ans, j’avais 20 ans et je croyais même à cette Europe. Nous avions des médicaments, des lanceurs de satellites, des centrales qui fonctionnaient, du chauffage dans les écoles, de l’essence pas cher. Maintenant, il faut attendre un an pour recevoir sa voiture, et on a vécu une période où on était même plus sûrs de trouver de l’huile ou de la moutarde au supermarché. En 1993, la France affichait un excédent commercial d’environ 13 milliards d’euros. En 2022, son déficit commercial est de 160 milliards d’euros.
Il est grand temps de réagir. Notre continent ne peut pas être absent du combat d’avenir du numérique, ni souffrir de pénuries coupables comme la production de médicaments ou de puces électroniques. Depuis quatre ans, on a encore reculé dans la souveraineté technologique européenne. Regardez Singapour, regardez même le président américain, Joe Biden, qui a 80 ans et n’arrive plus à marcher: lui-même a compris que les États-Unis devaient passer en premier, avec le plan anti-inflation.
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