au nom du groupe ID. – Madame la Présidente, depuis la tragique nuit du 6 février, tous les Européens expriment leur solidarité avec les peuples turc et syrien, qui traversent tous deux une terrible épreuve. Immédiatement, les chancelleries européennes et l’Union européenne ont annoncé leur soutien à la Turquie à travers divers mécanismes, c’est tout à notre honneur.
En revanche, nos atermoiements devant le sort des habitants du nord de la Syrie sont abjects. Oui, nous devons lever les sanctions qui frappent le peuple syrien. Oui, au nom de l’humanisme européen, nous ne devons reculer devant aucun partenariat pour sauver des vies humaines. 90 % des Syriens vivaient sous le seuil de pauvreté avant le séisme. Les sanctions européennes et américaines les maintiennent dans une crise économique perpétuelle qui accroît leur migration et coûte des vies humaines. Ces conditions étaient déjà révoltantes, elles sont aujourd’hui politiquement désastreuses et moralement insupportables. Même les États-Unis annoncent désormais l’assouplissement de leurs mesures coercitives. Qu’attend donc l’Europe?
L’Union européenne ne peut pas continuer à faire payer au peuple syrien la victoire de Bachar el-Assad face à la rébellion islamiste et ainsi continuer à maintenir le peuple syrien dans la misère, même après cette catastrophe. Aujourd’hui, les habitants d’Alep sont encore dans les rues, par crainte que leurs immeubles s’effondrent. Les organisations humanitaires prennent des risques juridiques immenses pour faire parvenir l’aide que les peuples européens veulent généreusement donner aux victimes. Et nous fermons les yeux en prétendant que les sanctions ne toucheraient pas les aides humanitaires. Mais vous savez que c’est faux, parce que toutes les banques refusent de faire le moindre virement.
Alors tous, les acteurs de l’aide d’urgence nous disent le contraire et demandent justement ce changement de politique, les victimes du tremblement de terre nous le demandent: levons les sanctions pour la Syrie.
La source —
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