– Monsieur le Président, Monsieur le Haut Représentant, le Parti communiste chinois parque les Ouïghours dans des camps de concentration. L’Assemblée nationale française dénonce un génocide et ce parlement aussi, mais apparemment cela ne compte pas. Le régime de Xi Jinping réprime la population de Hong Kong et celle du Tibet, attaque et menace la démocratie taïwanaise, déploie des bureaux de police secrets dans nos propres villes et lance des cyberattaques contre nos institutions et nos infrastructures. Mais apparemment cela ne compte pas. Cela ne compte pas aux yeux d’un président français qui reproduit à Pékin les mêmes erreurs que nous avons commises à Moscou jadis. Pourquoi? Parce que nous aurions besoin de la Chine.
Alors, permettez-moi de vous rappeler que, pendant vingt ans, on nous a dit exactement la même chose sur la Russie de Poutine. Nous avons sacrifié les Tchétchènes, les Géorgiens, les Syriens, les Ukrainiens, leurs droits et nos principes, parce que nous avions besoin de la Russie. Et aujourd’hui, nous avons quoi? Nous avons la guerre en Europe. Alors ne reproduisons pas la même erreur.
Il ne s’agit pas là de morale mais de réalisme. L’indolence de nos politiques et la cupidité de nos capitalistes ont entraîné le déménagement de notre production en Chine. Nous avons vendu à un adversaire idéologique la corde pour nous pendre. Il est temps de redevenir producteurs autonomes et d’avoir le courage d’assumer ce que nous sommes et aspirons à être.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)