au nom du groupe ID. – Madame la Présidente, chers collègues, pendant des années, la Commission européenne a persécuté la Pologne, coupable de désaccords idéologiques, au mépris total de l’indépendance des États. Aujourd’hui que la Pologne a changé de gouvernement, vous n’avez soudainement plus rien à lui reprocher. Toutes les prétendues violations graves des valeurs de l’Europe ont disparu, comme ça, du jour au lendemain.
Alors, à défaut de la Pologne, l’Union européenne a trouvé un nouvel épouvantail à attaquer: c’est la Slovaquie. La Slovaquie, où Robert Fico, que le peuple slovaque a élu président, voit soudainement pleuvoir les accusations d’atteinte à l’état de droit. Deux mois seulement après son élection. Franchement, entre nous, vous n’avez pas perdu de temps. Décidément, la démocratie n’a aucune valeur pour l’Union européenne. Le prétexte, cette fois-ci, c’est la dissolution éventuelle d’organismes de lutte contre la corruption, qui serait une menace pour l’état de droit. Il faut franchement de l’audace – et je m’adresse à M. Štefanec, du PPE, il faut le reconnaître – au Parlement européen, qui s’est révélé corrompu jusqu’à la moelle à l’occasion du «Qatargate», pour donner des leçons de corruption et pour oser porter de telles accusations – et je ne parle même pas du scandale potentiel du «Pfizergate».
Un gouvernement dispose pourtant du droit absolu de créer, de transformer et de supprimer des institutions judiciaires. Mais c’est toujours une partialité idéologique révoltante qui vous anime. Quand, en France, les tribunaux retirent à l’association Anticor son agrément pour agir en justice, aucun débat sur l’état de droit n’est organisé au Parlement européen. Il est vrai que, dans la même famille politique et idéologique, on ne s’attaque pas. Quant au ministre de la justice français, le garde des sceaux, M. Éric Dupond-Moretti, lorsqu’il est jugé et relaxé par des élus membres de son propre parti pour prise illégale d’intérêts, l’Union européenne est silencieuse. Elle ne crie au scandale qu’à l’encontre de ses adversaires.
Cette hypocrisie permanente est aujourd’hui évidente et insupportable pour tous. Alors laissez à la souveraineté nationale ses prérogatives, respectez une fois pour toutes les choix démocratiques, mais n’oubliez pas que c’est toujours le peuple qui a le dernier mot.
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