– Monsieur le Président, chers collègues, nous avions cru que l’Europe s’était réveillée de son long sommeil géopolitique, ce sinistre 24 février 2022. Nous avions espéré que, après tant d’erreurs et tant de faiblesses, nos dirigeants ouvrent enfin les yeux et comprennent. Mais les somnambules continuent à errer, hagards, condamnés à une léthargie perpétuelle.
Cela fait deux ans. Deux ans! Alors comment se fait-il que les 200 milliards russes gelés dans nos banques n’aient toujours pas été saisis? Comment expliquer ces armes livrées au compte-gouttes et la pénurie de munitions qui frappe la résistance ukrainienne? Où est l’économie de guerre promise tous les quinze jours? Cela fait deux ans, et la France s’enorgueillit aujourd’hui de livrer 2 000 obus par mois alors que la Russie en tire 10 000 par jour sur le front.
Tout cela est pathétique. Nous faisons comme s’il s’agissait de soutenir l’Ukraine par solidarité, alors que c’est le réalisme et la conscience de nos intérêts vitaux qui guident notre soutien. La guerre de Poutine n’est pas une guerre pour le Donbass ou pour la Crimée. C’est une guerre contre l’Europe, contre nos démocraties, contre nous. L’heure tourne, et le réveil n’en finit pas de sonner. Slava Oukraïni! Vive l’Europe!
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)