Madame la ministre, la mise en demeure de la Commission européenne à la France au sujet de l’ouverture à la concurrence du renouvellement des concessions hydrauliques suscite de vives et unanimes inquiétudes chez les élus, les acteurs économiques, les organisations syndicales et les personnels.
La loi relative à la transition énergétique prévoit la possibilité de prolongation des concessions hydroélectriques, ce qui permettrait de rassurer les concessionnaires et de déclencher immédiatement les programmes d’investissements. Cependant la Commission européenne a mis en demeure la France sur des dispositions adoptées dans cette loi, les jugeant incompatibles avec le droit européen de la concurrence.
À l’heure où des concessionnaires envisagent d’investir dans ces installations – c’est le cas dans mon département du Lot, où un concessionnaire ambitionne un lourd programme d’investissements, augmentant ainsi la capacité de production tout en s’inscrivant pleinement dans les objectifs de la transition énergétique fixés par la loi – une procédure de mise en concurrence des concessions ferait courir le risque de voir ces investissements différés, voire annulés.
Nous devons trouver une solution eurocompatible pour le renouvellement de ces concessions. Dans cette phase d’incertitude, leur prolongation pourrait être nécessaire pour donner aux concessionnaires historiques une visibilité à moyen terme. Cela leur permettrait de réaliser des investissements aux fortes retombées économiques, puisqu’ils génèrent des créations de richesses et d’emplois sur les territoires, renforcent le tissu des entreprises locales et la chaîne des sous-traitants locaux et apportent des ressources fiscales complémentaires pour les collectivités.
Cette problématique est d’autant plus importante que ces activités participent à la préservation et à la qualité des services publics en milieu rural, mais également à la gestion équilibrée de la ressource en eau.
Je souhaite donc connaître la position que la France envisage d’adopter suite à cette mise en demeure, afin de définir une vision stratégique de long terme et de garantir la pérennité des services publics de l’énergie.
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Ségolène Royal
Je vous remercie, madame la présidente de la commission des affaires européennes, d’avoir posé cette question sur l’Europe de l’énergie. Comme vous l’avez dit, l’Europe doit être à l’avant-garde. Elle doit continuer à ouvrir la voie. Pour cela, il faut afficher et réaliser son ambition en matière de transition...
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Il faut conclure, madame la ministre…
Ségolène Royal
J’ai épuisé mon temps de réponse. Je suis obligée d’être brève, sur des sujets si importants. J’en suis désolée, madame Auroi. Si vous le souhaitez, je vous communiquerai par écrit des éléments de réponse complémentaires.
Nous en venons aux questions du groupe radical, républicain, démocrate et progressiste.
La parole est à Mme Dominique Orliac.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la ministre.
Ségolène Royal
Fin octobre 2015, la Commission européenne a en effet adressé une mise en demeure à la France au titre des articles 102 et 106 du traité de Lisbonne, qui définissent les principes de la libre concurrence ; j’y ai répondu en contestant fermement l’infraction à travers des réponses argumentées, et je continue de...
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La parole est à M. Jacques Krabal.
Madame la ministre, la loi de transition énergétique intègre un volet sur les énergies renouvelables afin d’équilibrer nos énergies et de valoriser les ressources de nos territoires. En 2014, 14 % de l’énergie était d’origine renouvelable, l’objectif étant d’atteindre 23 % en 2020 et 32 % en 2030.
Cette loi était...
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