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10 janvier 2017 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
Rappelez-vous : votre prédécesseur, Vincent Peillon, avait refusé de traiter cette question en 2014, repoussant à 2017 le règlement d’une situation pourtant urgente et sensible. C’était bien commode, alors que les difficultés scolaires et sociales ne s’arrêtent pas à la fin de la troisième. Aujourd’hui, en 2017, la situation est au point mort. Les enseignants et les élèves de ces lycées ont dû descendre dans la rue pour déplorer l’inaction du Gouvernement et dénoncer le manque global de moyens. Ils craignent de perdre à terme leur label « éducation prioritaire » et réclament avec réalisme des moyens pérennes, des effectifs de classe réduits, des cours en demi-groupes, des aides aux devoirs, des compensations légitimes pour les personnels et la consolidation des microlycées et des options proposées. Madame le ministre, il y a dans notre système éducatif trop d’inégalités, que vos réformes ne font qu’aggraver. C’est malheureusement aussi le cas dans l’enseignement des langues étrangères. Vous avez ainsi, dans votre très controversée réforme des collèges, supprimé en partie les classes bilangues au nom d’une prétendue égalité des enseignements. Or, sur nos territoires, l’égalité n’existe plus. Ainsi, en Haute-Savoie, dans un pays pourtant frontalier de la Suisse et où l’apprentissage de l’allemand est un atout, le nombre de classes bilangues a été divisé par deux. Les académies de Poitiers, Grenoble, Rouen et Lyon en perdent respectivement de 70 % à 75 % ; 65 % des sections sont supprimées à Lyon, contre 10 % à Marseille. Pourtant, à Paris, vous maintenez 100 % de ces classes. Comment peut-on parler d’égalité ? Sur le terrain, je vous l’assure, la promesse d’un renforcement de l’égalité dans le parcours scolaire est loin d’être une évidence. Où est donc, madame le ministre, l’égalité pour les élèves et les professeurs, quand nous constatons les importantes disparités territoriales créées par vos réformes et par des oublis injustifiables ?
La source — nosdeputes
↗ http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2016-2017/20170092.asp#P951606
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Najat Vallaud-Belkacem
…lorsque l’entreprise qui les employait les lâche pour une raison ou pour une autre ou lorsqu’ils ne trouvent pas d’entreprise d’accueil pour effectuer leur apprentissage, de revenir sous statut scolaire, en tant que lycéens professionnels, car nous avons créé les bonnes passerelles pour cela. Vous le voyez, nous... Lire ▸
Madame la ministre, mes chers collègues, je rappelle que la Conférence des présidents a fixé à deux minutes le temps de parole pour les questions comme pour les réponses. Je veux bien faire preuve de souplesse, mais je ne vous laisserai pas non plus doubler vos temps de parole. La parole est à Mme Virginie Duby-Muller.
Madame le ministre, depuis quelques semaines, plus d’une cinquantaine de lycées sont en grève : il s’agit des lycées d’éducation prioritaire, qui sont les grands oubliés de votre gouvernement.
Alors ça, il faut oser le dire !
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la ministre.
Najat Vallaud-Belkacem
Madame la présidente, vous m’avez demandé d’être brève et je vais m’efforcer de l’être
Najat Vallaud-Belkacem
mais il y a quelque chose de si cocasse, madame la députée Duby-Muller, à vous entendre parler des lycées d’éducation prioritaire ! Comment ? Vous n’avez pas compris qu’en réalité, c’est à vous qu’ils s’adressent ?
Najat Vallaud-Belkacem
Mais oui, c’est à vous qu’ils s’adressent, bien sûr ! Lorsqu’ils vont dans la rue pour crier leur inquiétude que la réforme que nous nous sommes engagés à faire – et que nous ferons, bien évidemment – puisse, si les responsabilités venaient à changer, ne pas être faite, à qui, à votre avis, s’adressent-ils ?